CHAPITRE II
galerie recevait autrefois du jour par des regards. Mais la partie napolitaine de la voie Appienne n’est pas entretenue avec soin. Les regards sont comblés, et pour éclairer ce passage on a imaginé d’y placer des madones, devant lesquelles la dévotion italienne brûle des cierges.
La partie orientale et méridionale de l’Italie est formée par deux arêtes. L’une d’elles, qui appartient selon toute apparence au système du Ténare, va de Cosenza dans la Calabre jusqu’au promontoire de la Grrgane. On donne ce nom à la protubérance de l’Italie, dans la mer Adriatique, près de Manfrédonia ; c’est, suivant la comparaison vulgaire, l’éperon de la botte. Un seuil sous-marin poursuit cette arête par-dessous l’Adriatique et ferme le bassin postérieur de cette mer, après lequel il existe une cavité beaucoup plus profonde (946m), que le seuil sous-marin du canal d’Otrante vient limiter à son tour.
L’arête dont il s’agit croise l’Apennin au nœud remarquable du Monte-Cavallo , qui conserve des neiges jusqu’en juin et juillet. Néanmoins l’arête s’abaisse considérablement des deux côtés de ce nœud. Elle ne porte pas d’appellation particulière dans le langage du pays. Mais comme elle traverse la Calabre dans sa longueur, nous avons cru convenable de lui appliquer le nom de cette province.
Cette ride est composée des mêmes terrains calcaires que nous avons rencontrés dans l’Apennin , avec des couches tertiaires très-récentes, dérangées sur les flancs. La petite rivière du Crati, qui descend de Cosenza dans le golfe de Tarente, en marque la terminaison. Au nord de la Silla, près de Cosenza, commence une ride granitique très-distincte, qui a pris, dans le système de soulèvement des Alpes occidentales, sa direction définitive. Elle parcourt, dans la comparaison vulgaire, toute la partie extrême du pied, et se termine par le promontoire austère de l’Aspromonte.
Peu accessible par cette pointe extrême, l’Italie l’était au contraire par le golfe de Tarente et par la mer Tyrrhénienne, quand la civilisation lui venait du Midi. C’est par là que les
Pélasges et les Hellènes y débarquaient. Mais, maintenant que la civilisation vient du Nord, c’est du côté des Alpes que l’Italie est menacée.
Arête de Toscane (Anti- Apennin).
NOMS DES TOINTS.
LATITUDE
SEPTEN-
TRIONALE.
Loscum 1 l’est
DE PARIS