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SICILE

Une distance de 2200 mètres sépare les caps les plus avancés de la Calabre et de la Sicile. La constitution de cette île est très-simple. Une arête de calcaires crétacés, dirigés de Messine à Palerme le long delà côte, forme un premier trait. Une arête croiseuse, qui a son nœud à peu près dans le milieu de la première, se dirige au sud-est vers le cap Passaro. Ces deux rides réunies présentent la figure d’un T ; et en tenant compte des marges disposées dans les secteurs, on retrouve la figure triangulaire de Pile.

Protégées du côté du nord par la ride côtière, qui date de l’époque des grandes Alpes, les plaines de la Sicile sont embellies de la riche végétation des zones surlempérées. Des formes africaines s’y montrent de toutes parts. Les palmiers dattiers ' forment des bouquets d’arbres, aux troncs élancés et mobiles, du haut desquels pendent les régimes chargés de dattes. Le cactus raquette, au fruit purpurin, borde les sentiers. L’agave américain frappe par la roideur de son port. En Sicile végètent sans culture le jasmin commun, l’astragale tragacanthe et le ciste ladanum; la vigne réussit à merveille; la pastèque (1) et le sorgho rappellent les cultures africaines de l’Arabe; les champs de cannes à sucre témoignent de la puissance du soleil.

On aimerait de voir plus d’activité et de circulation animer cette belle île. L’élévation précise des deux arêtes qui la parcourent et des cols ou passages qui les traversent n’a été déter-

(I) Cticurbita citrullus (Lin. né).

rainée que sur un petit nombre de points, et seulement par des observateurs étrangers. Le point de la Sicile qui absorbe tous les regards, c’est le cône volcanique de l’Etna.

Une faille, qui s’est ouverte dans la direction du système du Ténare, traverse la Méditerranée, de l’Etna au Vésuve. Elle passe par les belles îles Lipari, dont le nom d’origine grecque signifie les îles parées. Dans l’île de Volcano se voit un des plus beaux exemples de cirques. Le petit volcan de Stromboli est accompagné de jets de gaz enflammés, que les navigateurs aperçoivent au loin. Ces jets, comme ceux de l’Apennin, redoublent d’intensité à l’approche des orages. La solidarité qui relie les bouches volcaniques de cette faille commune se révèle dans une circonstance frappante : c’est que les instants d’activité de l’Etna et du Vésuve ne sont jamais simultanés. L’une des issues suffit sans doute à l’épuisement de la force volcanique.

Au point de vue du relief, le groupe du Vésuve et celui des volcans des îles Lipari sont seulement d’une faible élévation. L’Etna, au contraire, est un cône colossal, d’une grande hauteur et d’une large base. 11 s’élève au milieu d’une plaine riante et bien. cultivée, entremêlée d’arbres fruitiers. Sur les flancs s’étendent des forêts de chênes à gros troncs , et plus haut, croissent quelques châtaigniers, des pins et de nombreux massifs de hêtres. Les plantes herbacées finissent à 2300 mètres. Il n’y a plus ensuite que des cendres. La cime de la montagne reste plongée, pour 400 mètres, dans des neiges qui ne disparaissent pas même au soleil de l’été. Au reste, il ne peut entrer dans notre cadre de décrire les différentes sommités volcaniques en particulier.

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