COLONNES D’HERCULE
Pour sortir du bassin de la Sardaigne et des Baléares, le navigateur s’engage vers l’ouest dans une espèce de large rivière, entre les côtes d’Espagne et celles d’Afrique. Après avoir passé entre Carthngène et Oran , il voit les angles saillants et rentrants des deux rivages se correspondre. La direction générale du canal est celle des deux arêtes qui le comprennent entre elles : d’un côté la Sierra Nevada de Grenade, et de l’autre l’Atlas. Ce bras de la Méditerranée n’est que le pli déchiré dans le ridement du sol, entre deux soulèvements parallèles et simultanés. Les eaux portent, dans cette espèce de rivière, de l’ouest à l’est; car la Méditerranée n’est pas alimentée suffisamment, pour sa surface d’évaporation, par le tribut des pluies et des fleuves. Il faut donc que l’Océan vienne à son aide ; et c’est par la rivière dont nous parlons que les eaux affluent, lentement il est vrai, mais constamment.
Quand le navigateur, allant à la remonte de ce faible courant, approche des plages océaniques, il voit tout d’un coup le passage se fermer, comme par uue muraille transversale. Une arête distincte est jetée en travers et ne laisse qu’une fente de