CHAPITRE III
et de l’Homa-Mort. Quoique la ligne de faîte range la côte, plusieurs cours d’eau, comme le Llobrégat et le Ter, profitent de crevasses naturelles pour percer l’arête; et bien qu’ils aient pris naissance sur le versant qui regarde la Sègre, ils se rendent àla Méditerranée, en coupant le massif.
La seule route importante est celle de Lérida sur la Sègre à Barcelone. Elle franchit un plateau fortement mamelonné, coupé dans les sillons par des pentes roides. Le rivage, souvent taillé dans les formations crétacées, qui ont soulevé sur leur tête les couches plus récentes, est aussi ardu et garni de falaises. Il n’offre aucun emplacement favorable aux débarquements. Le port de Barcelone, facile et sûr dans des relations amies, est entouré d’obstacles pour une descente. C’est cependant auprès de Barcelone que l’archiduc Charles, devenu plus tard l’empereur Charles VI, amené par une flottille anglaise, mit pied à terre en octobre 1705. Mais les intelligences qu’il s’était préparées lui garantissaient l’innocuité de la résistance.
Sur une pareille côte il n’y a pas de route littorale. La chaussée de Barcelone à Perpignan se jette dans l’intérieur, s’élevant jusqu’à quatre fois sur le plateau, pour descendre ensuite dans autant de coupures profondes, avant d’atteindre Figuières (Figueras). Enfin l’arête s’abaisse et s’adosse doucement aux Pyrénées.
Ainsi, des bouches du Tage aux rivages de la Catalogne, une ride qui conserve presque exactement son orientation, et qui appartient au système de soulèvement des grandes Alpes, laboure la péninsule ibérique dans toute sa largeur. Sans prendre nulle part des aspects imposants ni altiers, elle divise les bassins par de lourds mamelons ou par des bourrelets. Dans un seul point elle se déprime sensiblement, et n’offre pour ainsi dire qu’un terre-plein : c’est entre le bassin de Madrid et la haute Manche. Sur cette plaine élevée courra bientôt le chemin de fer de Valence à Madrid.
Arête lusitanique.
NOMS DES POINTS
UTITOM