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VITESSE DE REFROIDISSEMENT

Disons immédiatement que cette vitesse est excessivement petite. Ses effets seraient sensibles dans les phénomènes astronomiques; car tout corps qui se refroidit se contracte, et par suite de la contraction sa rotation s’accélère. Or, la rotation de la terre détermine la durée du jour; et cette durée n’a varié, depuis deux mille ans, que d’une grandeur à peu près insensible. C’est ce que prouvent les heures observées des anciennes éclipses, notées par les Chaldéens. Le refroidissement qui correspond à cette longue période n’a pas pu dépasser une fraction minime de degré centigrade (1).

Sans doute la vitesse de refroidissement a été plus considérable, dans des temps beaucoup antérieurs. Mais, depuis l’époque historique, la perte de chaleur, causée par le rayonnement du globe terrestre, ne peut pas produire d’effet sensible

(1) Voyez sur la relation de la durée du jour avec la vitesse de refroidissement de la terre, les calculs de Laplace, dans la Connaissance des temps; année 1823, p. 243 et 324.

sur les thermomètres au bout d’un siècle. Il faut remonter à des milliers d’années, si l’on veut obtenir un changement de quelques degrés; à plusieurs millions d’années si l’on se reporte à l’instant où la solidification du noyau a commencé. Cette lenteur, cette majesté des phénomènes, est un signe de la force et de la grandeur de la nature.

D’ailleurs, les durées de refroidissement ne dépendent pas seulement de l’excès de température, mais aussi de la masse des corps. Un grain de poussière, chauffé au rouge, ne nous brûle déjà plus la peau, lorsqu’il est tombé de la grille du foyer dans la boîte aux cendres. Mais un simple boulet de canon, en sortant de la fonderie, met plusieurs heures à se refroidir. Les grandes coulées de lave du Vésuve sont encore chaudes vingt ans après leur éjaculation; déjà leur croûte est durcie, déjà la végétation s’y est installée, qu’en trouant cette croûte, on trouve la lave intérieure encore en fusion. Est-il donc étonnant qu’il faille une si longue durée pour refroidir une masse aussi volumineuse que notre globe?

Un autre point très-important résulte aussi de la théorie mathématique de la chaleur, appliquée aux conditions que la partie supérieure de l’écorce nous présente : c’est que la température de la croûte superficielle du globe ne participe plus d’une manière sensible à la chaleur centrale. C’est réchauffement des rayons solaires qui forme la température du sol sur lequel nous marchons; ce n’est plus la chaleur souterraine. Celle-ci contribue à la température plus élevée des couches profondes; elle a contribué autrefois à échauffer la couche superficielle. Mais aujourd’hui, la vitesse du décroissement des températures, à mesure qu’on se rapproche de la surface, atteste que le refroidissement de la surface même est sensiblement terminé (1).

Ce résultat est fort important, non pas pour nous rassurer sur l’avenir de l’espèce humaine, mais pour nous convaincre

(1) Voyez les calculs dans J. Foürier, Théorie mathématique de la chaleur, p. 110.

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