ARÊTE IBÉRIQUE
Les rides précédentes, qui plissent la Péninsule eu sillons ' parallèles, ont recoupé pour la plupart une arête préexistanie, orientée à peu près du nord au sud. Partant du voisinage des Pyrénées, en Navarre, elle se dirige vers le cap de Gâte (cabodeGata), l’angle sud-est de la Péninsule. On a coutume de la rapporter au système de soulèvement des Alpes occidentales; mais elle nous semble antérieure. Elle appartient, à nos yeux, au système sardo-corse, et peut-être même, en partie du moins, au système du Mont-Viso. Dans les circonstances où cette ride se trouve placée, il est facile en effet de faire confusion. Comme elle est coupée jusqu’à quatre fois, et à de faibles distances, par des arêtes très-récentes, il faut faire attention qu’autour des nœuds les terrains tertiaires supérieurs ont été inclinés, jusqu’aux terrains pliocènes inclusivement. Mais ce n’est pas le soulèvement de la ride ibérique qui a remué ces couches récentes; c’est le labourage transversal qui l’a recoupée plus tard. Sur le dos proprement dit qui parcourt l’Espagne orientale du nord au sud, nous ne connaissons pas de terrains reconnus d’une manière authentique pour miocènes, qui aient été soulevés dans la formation de cette arête.
La direction du faite serait un indice plus sûr. Mais comme il arrive toujours pour les rides surchargées de nœuds, la simplicité du prisme intumescent est altérée. Les soudures1 avec d’autres arêtes, d’une orientation différente, transportent souvent le point culminant des nœuds hors de l’axe ancien, à droite ou à gauche, et sur l’axe transverse. De là résulte en définitive une certaine sinuosité de la ligne qui passe par les points culminants, et par suite une difficulté sensible à assigner sa direction primitive.
Le faîte de la ride ibérique est composé de calcaire du Jura, qui surmonte, en sa qualité de formation plus récente, un massif élargi de terrains triasiques. Quelques lambeaux juras-