ARÊTE DES PYRÉNÉES
Aucune péninsule européenne n’est aussi nettement séparée du continent que l’Espagne. Une énorme muraille, dont l’axe est de granité, lui sert de barrière. Les Pyrénées tiennent le second rang en Europe, par leur étendue et par l’élévation de leur faîte. Elles suivent d’abord la côte septentrionale de la Péninsule, depuis le cap Finisterre jusqu’auprès de Bayonne; puis elles poursuivent la direction de cette côte entre l’Espagne et la France jusqu’à Perpignan. Le rivage nord de la Péninsule
le long du golfe de Gascogne, formant successivement les côtes de la Galice, des Asturies et de la Biscaye, marque le pied longitudinal de l’un des versants.
La faille des Pyrénées appartient k un système de fracture qui tire son nom du soulèvement même de cette ride (1). Le plissement s’est opéré vers la fin de la période crétacée. La mer éocène a battu les deux flancs de l’arête. L’Océan moderne vient encore au pied de l’un des versants, sur une moitié de sa longueur. Des pans de terre asséchés se rattachent aujourd’hui au reste de la ride, depuis l’instant du soulèvement des grandes Alpes, où le plissement du sol les a fait sortir de l’eau.
C’est le granité qui, dans les Pyrénées, a poussé de bas en haut les couches de sédiment. Cette roche ignée ne fait cependant pas saillie tout le long du faite. Elle se borne à des poussées ou protubérances en chapelet. Les deux bords de la boutonnière sont dénudés jusqu’aux terrains primaires, et celui du midi a souvent sa crête plus élevée. Les strates redressées sont
inclinées dans le sens des versants. Les terrains secondaires viennent ensuite, couronnés par le terrain crétacé, qui formait le fond immédiat de la mer. Ils constituent surtout le versant espagnol, où le relèvement a été plus considérable et plus roide.
(1) Le Système de soulèvement des Pyrénées. (Première partie, chap. IV, p. 163.)