CONSTITUTION GÉNÉRALE DE LA TERRE
Ce noyau est le reste encore subsistant de la première masse liquide. Nous l’avons représenté à l’état de fusion ignée, et nous lui avons attribué la température de la chaleur blanche des fourneaux. Nous reviendrons plus loin sur cette dernière détermination. Ce que nous pouvons faire remarquer dès à présent, c’est que dans toute masse liquide, la densité augmente lentement avec la profondeur, par la charge croissante des couches supérieures, et en vertu de la compressibilité, trèspetite, mais pourtant réelle, des liquides. Ce fait physique explique la forte densité que les expériences du pendule dans les mines, et différents phénomènes astronomiques attribuent au cœur de notre planète. Les chaux, les sables, les terres, les granités, même les basaltes qui composent l’écorce du globe, à toutes ses profondeurs explorées, n’atteignent pas trois fois la densité de l’eau. Le noyau au contraire gagne toujours en densité jusqu’au centre, où la matière qui le compose est comprimée par une colonne de plus de 6,000 kilomètres de hauteur. La pesanteur spécifique y atteint apparemment celle de l’argent ou du plomb ; en sorte que les couches progressivement plus denses du noyau lestent pour ainsi dire la planète, à la manière d’un navire immense.
Vient ensuite l’écorce solide, qui n’est que la partie extérieure du noyau après congélation. Elle forme une croûte d’une
épaisseur inégale, qui offre, en outre, à sa surface externe, de nombreuses aspérités. A l’intérieur, elle se lie sans doute au noyau par des gradations insensibles; la roche est d’abord ramollie par la chaleur, plus bas elle devient visqueuse, et enfin coulante.
l’océan.
Les substances minérales qui composent l’écorce du globe sont peu fusibles. Leur point de volatilisation doit être en général plus élevé. On ne peut donc mettre en doute que le noyau liquide dont nous avons parlé ne fût formé depuis longtemps, et que la croûte solide elle-même n’ait commencé à se consolider quand les vapeurs aqueuses se précipitèrent. En effet, la vapeur d’eau ne passe à l’état liquide qu’à 100 degrés sous la pression d’une atmosphère, à 200 degrés sous la pression de quinze, et ainsi de suite en élevant un peu la température à mesure que la pression augmente.
La masse aqueuse de YOcéan était donc demeurée à l’état de vapeur, mêlée à l’atmosphère, jusque dans un terme trèsavancé du refroidissement. Mais un instant est venu où l’eau s’est précipitée à son tour. Elle a trouvé l’écorce congelée du noyau pour la supporter. Elle s’est étalée à la surface extérieure de cette écorce, en vertu des lois de la pesanteur.
Si la croûte était exempte d’aspérités, la nappe d’eau, si mince qu’elle fût, la recouvrirait évidemment dans toute son étendue. Il n’y aurait pas alors un seul point de terre ferme sur lequel l’homme et les animaux terrestres pussent habiter. Mais grâce aux inégalités extérieures de la croûte, les mers ne forment pas une nappe continue, enveloppant la sphère entière. L’eau est concentrée dans les parties creuses, tandis que les sommités des parties saillantes pointent à la surface. C’est ainsi que la superficie du globe est aujourd’hui partagée entre les continents et les mers.
Déjà nous commençons à connaître, par des sondes nombreuses, les excavations inégales du lit de l’Océan, qui servent