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ARÊTE DES CÉVENNES

L'exhaussement de la Montagne-Noire va en augmentant à mesure qu’on avance vers l’est. Il est dû pour la plus grande part au soulèvement des Cévennes. Celui-ci ne se dessine guère, pour la direction et pour la nature des terrains, qu’à partir de la route citée de Lodève à Milhau. En ce point, en effet, la direction du faîte s’inlléchit et remonte plus au nord; elle s’aligne dans la direction même du Jura. Poussant un éperon vers Valence, où elle refoule le Rhône, l’arête des Cévennes n’est séparée du Jura que par une brèche, occupée par les plaines unies du sud-est de Lyon.

Les Cévennes s’étendent donc de la Montagne-Noire au Rhône, et peuvent être considérées comme le segment le plus méridional et le plus occidental du Jura. C’est une ride couronnée de roches cristallines; le versant qui regarde le Rhône se compose au contraire des tranches redressées du calcaire jurassique, sur lesquelles se développent de riches forêts de châtaigniers. Après s’être élevé de la Méditerranée ou de la vallée du Rhône à travers cette belle ceinture de verdure, on trouve derrière l’arête le noyau granitoïde de l’Auvergne, dans toute sa sévérité.

Par le travers de Largentière et de Privas, les Cévennes sont coupées par les restes remarquables d’anciennes éjaculations volcaniques, qui les ont marquées de leur empreinte. En face de Montélimart, s’élèvent les buttes basaltiques et foncées de Rochemaure, d’où l’on se rend à la montagne volcanique de Chenavari, en passant sur une chaussée basaltique. La base de celte montagne est formée par une haute colonnade prismée. Une réunion de prismes semblables, qui bordent les deux rives de la petite rivière du Volant, compose la célèbre chaussée des Géants, près du bourg de Vais. Les têtes des prismes sont à découvert pendant six ou huit kilomètres de parcours. Au pont de Rigaudel, qui est le second entre Vais et Antraigues,

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