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CHAPITRE IV

les formes prismatiques sont surtout bien observées ; mais la chaussée est peu accessible. Ces masses basaltiques ont coulé de la Coupe d’Aisac.

Cette Coupe est une montagne conique, qui renferme un cratère. De ses flancs, recouverts de châtaigniers, s’échappent d’anciens torrents de roche vulcanienne, maintenant consolidés. Ils ont alimenté le plateau basaltique sur lequel est assis le village d’Antraigues. Enfin, non loin de là, l’acide carbonique s’échappe de trois trous peu profonds, à mi-côte de la montagne volcanique de Niérac.

Toute cette partie de la ride est remplie, sous ses forêts, de traces frappantes de l’action vulcanienne. La dernière et la plus considérable est celle du Mézenc, qui a percé le plateau granitique pour s’épancher par dessus, et qui présente, dans ses saillies, de magnifiques colonnades basaltiques. Ses sommités sont nues; les gorges supérieures qui les sillonnent sont étroites, profondes, hérissées de roches vulcaniennes à demi décomposées. Mais en s’éloignant du faîte, on rencontre des bois, des prairies, des eaux abondantes et des champs cultivés.

En approchant de Lyon, un massif de gneiss forme l’éperon des Cévennes, et ses contre-forts se rattachent obliquement à l’éperon du Charolais. Ce massif, qui porte le Mont-Pilat, appartenait au système du Hunsrück, et s’est trouvé compris plus tard dans le parcours des Cévennes.

A Lyon, l’arête est interrompue. Une ouverture, remplie de terres aussi plates que des alluvions, forme une brèche trèsremarquable, de 25 à 50 kilomètres de largeur, entre les Cévennes et les pentes opposées du Jura. C’est par là que passe la Saône.

Une seule vallée, qui paraît le résultat d’une faille d’écartement, va des Bouches-du-Rhône à Châlons-sur-Saône. La Saône est le véritable fleuve, tandis que le Rhône supérieur, qui vient de Genève, n’est qu’un affluent. Le thalweg longe de très-près l’arête du Charolais; il côtoie, près de Lyon, le pied des contre-forts des Cévennes. Mais au delà de Valence et

LA GAULE

surtout de Montélimart, il commence à se dégager; et après Avignon et la réunion de la Durance, la vallée n’offre plus qu’un delta sablonneux.

Le fleuve de Chàlons-sur-Saône, de Lyon, de Valence, est remarquable par la rapidité de ses crues. C’est d’ailleurs une des grandes veines d’eau de l’Europe. A Lyon, il ne débite encore, dans les temps ordinaires, que quatre cents mètres cubiques par seconde; mais à son embouchure il en fournit deux mille en moyenne. La marche de ses eaux n’est pas d’abord rapide. Mais elle s’accélère entre Lyon et Avignon. C’est avant d’atteindre cette dernière ville, et dans un endroit très-rapide, que le pont Saint-Esprit présente ses piles obliquement aux eaux courantes. Ce pont, construit il y a six siècles, a exigé cinquante-quatre ans de travail (1255 à 1309); il est tout en pierres, et n’a pas moins de 819 mètres de long sur 5 de large. Mais il a fallu exécuter pour le passage de la voie ferrée des ouvrages aussi considérables, qui n’ont pourtant pas demandé le dixième de ce temps.

Arête des Cévennes.

NOMS DES POINTS

UTITME

SEPTEN-

TRIONALE

L0SG1TEDE 1 Oit DE PARIS.

ALTITUDE

ACTOIUTÉ.

1 L'IIospitalet

« (Patria).

2 L’Hort-de-Dieu

A Français.

3 Col du Boisdes-Armes. .

« (Picquet).

i 4 Roc de Malpertus. . . .

A Français.

5 Col de la Chavade. . . .

« (Patria).

P j Gcrbier de Jonc

A Français.

D 1 Mézenc

A Français.

7 Col de S'-Bonncl-Ie-Froid.

« (Patria).

8 Crêt de la Perdrix. . . .

A Français.

i 9 Vienne, le Rlione. . . .

A Français.

Situations.

1 Jonction de l'aréte à celle de la Montagne-Noire, à la route de Lodève à Milliau. — 2 Massif de FAigoual. — 3 Route d’Alais & Florac. — 4 Massif du Mont-Lozère ;

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