CHAPITRE IV
lieu à l'établissement de nombreux pâturages, où l’on pratique l’élève des bestiaux. Le faîte n’y atteint pas 230 mètres d’altitude, et n’a pas 70 kilomètres de longueur.
L’autre saillie, qui paraît contemporaine, est celle du Boulonais. Son élévation et son développement sont encore moindres. Entre ces deux arêtes, la Bresle, la Somme, l’Autliie, la Candie, coulent dans des vallées longitudinales.
Le Boulonais n’est séparé du promontoire occidental de l’Ardcnneque par un seuil de 110 mètres d’altitude. C’est celui que franchit le chemin de fer du Nord entre Amiens et Arras. Ce passage a subi une action diluviale très-prononcée, apparemment à l’époque de l’apparition des grandes Alpes. Ses collines sont rudement entamées ; et ses campagnes sont recouvertes du limon fertile qui s’étend sur la plus grande partie des plaines belgiques.
On voit, au premier coup d’œil, que ce passage de la Picardie est, au nord du bassin de Paris, ce que le passage du Poitou est au sud. C’est le chemin naturel de France en Belgique. C’est là qu’était située la ville romaine de Bavay, d’où rayonnaient les grandes voies de toute cette contrée. C’est à l’orifice du passage, à Tournai, à Cambrai, que s’établit la première monarchie franque, lorsqu’elle menaçait la Gaule. En 486, Clovis et Ragnacaire forcèrent le seuil, en poussant jusqu’à Soissons. L’invasion bientôt débordée assura aux Franks, en peu de temps, la possession de toute la contrée au nord de la Seine.
Ce fleuve était la limite de l’ancienne Gaule bclgique. Il forme le sillon principal du bassin de Paris ; mais la Loire, qui est sortie du massif de la France centrale, en traverse aussi une petite partie, pour s’engager plus tard dans le massif breton. Un plateau peu élevé (130 à 250m), celui de la Beauce, réunit les deux cours d’eau plutôt qu’il ne les sépare. Ce plateau dominateur était un sanctuaire important à l’époque gauloise. Mais éloigné des artères naturelles que dessinent les rivières, Chartres ne pouvait pas rester un centre, dans la civilisation moderne.
LA GAULE
La Loire ne traverse qu’incidemment le grand bassin de la France septentrionale. C’est un fleuve très-plat, qui est sujet à des sèches considérables. A Orléans, il ne débite que 24 mètres cubiques par seconde, au minimum; et cependant les ponts qui le traversent ont plus de 500 mètres de long. La Loire est la première défense naturelle du passage du Poitou. Le Cher, l’Indre, la Creuse, la Vienne renforcent cette première ligne par des sillons parallèles entre eux. Tours est le centre de ce petit bassin particulier, qui précède le détroit de Poitiers.
En suivant la Loire, on arrive dans la quatrième région de la France, qu’on pourrait appeler la région bretonne. Elle est coupée d’arêtes multiples, peu importantes par leur élévation, mais entre-croisées, et qui donnent à cette portion du territoire une structure assez compliquée.