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CHAPITRE V

On voit alors ce petit massif se détacher nettement de l’Angleterre, et former une ride indépendante, parallèle ît la côte du sud. C’est probablement dans le même redressement de couches que le rivage anglais de la Manche s’est dessiné, ou tout au moins préparé. Le bassin secondaire du midi de la Grande-Bretagne avait été lié, comme on l’a vu, à celui de la Normandie; l’Angleterre tenait au continent. Il restait à rouvrir la communication, sans laquelle Albion n’aurait pas aujourd’hui sa position insulaire. Pour opérer la disjonction, il fallait une dislocation des couches qui rompit leur continuité. Le soulèvement de l’îlc de Wight, qui appartient à l’époque du Taira , vint préparer l’événement , que le soulèvement des grandes Alpes n’a fait ensuite qu’étendre et généraliser (1).

L’ile de Wight n’offre, du côté de la terre, que des pentes douces et arrondies, chargées de jardins. Vers la Manche, le déchirement de son noyau crétacé présente au contraire des falaises escarpées.

Arête de l’ile de Wight.

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Situations.

i Commencement de l'arête au détroit de Soient. — 2 Massif de l'ile de Wigld. — 3 Fin de l'arête à la Manclic.

(1) Voyez sur la séparation de la France et de l'Angleterre la Premiire partie, chap. IV, p. 169.

LES ILES BRITANNIQUES

ARÊTE DES WEALDS.

La côte méridionale de l’Angleterre est taillée, sur les rivages du Susscx et du Kent, dans les falaises des formations crétacées, qui regardent celles du Boulonais. Ces falaises offrent des pentes incultes ou pauvrement gazonnées, et constituent les downs ou dunes des Anglais. Dans l’intérieur, le plateau est coupé de collines et de vallons, et renferme encore des parties boisées, que les habitants nomment wealds, c’est-à-dire forêts. A mi-chemin entre Londres et la côte de la Manche, on aperçoit nettement une ligne anticlinalc, le long de laquelle les couches crétacées viennent s’appuyer, comme les deux pans d’un toit s’appuient sur le faîte (1). Cette petite arête, parfaitement comparable à celles du Pays-de-Bray et du Boulonais, que nous avons décrites précédemment, appartient comme elles au système de soulèvement des Pyrénées. Avant l’ouverture de la Manche, elle se joignait même à la ride qui domine Boulogne, et qui nous en offre encore le prolongement.

Les downs présentent à la mer leurs murailles blanches et nues, au pied desquelles il existe à peine une lisière étroite d’éboulis. Le château de Douvres les couronne; la mer bat, à peu de distance, la base de ce rocher immortalisé par Shakespeare, dans le roi Lear. Le rivage présentait dans cet endroit si peu d’espace qu’il n’a même pas été possible d’y faire courir le railway. Il a fallu loger celui-ci en tunnel dans le cœur des promontoires, et l’élever sur des estacadcs dans les anses. Une partie même du Shakespeare’s-clif a été abattue à la poudre pour abréger le trajet souterrain. C’était une des ailes de ce rocher avancé, sur 150 mètres de long et 100 environ de hauteur. Une galerie longitudinale, creusée à la base, à l’endroit où le déblai devait se détacher du sol intact, était destinée à

(1) Bcckland, dans les Transactions of the Geological society; second sériés, vol. II, p. 119.

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