‹ Histoire du sol de l'EuropeChapitre 223 sur 349 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

limiter le champ de l’explosion. De cette limite, ou, si l’on préfère, de cette ligne de séparation, on poussa trois galeries perpendiculaires, qui pénétraient dans le sein des masses à faire sauter. On les couvrit de trois puits pour trous de mines, et sous chaque puits on pratiqua une chambre de six mètres cubiques, où furent déposés trois mille kilogrammes de poudre. Enlin les trois fourneaux furent enflammés à la fois, à l’aide d’une batterie galvanique placée à 500 mètres de distance, et la bordure littorale du massif se disloqua et s’abîma en partie dans les flots.

Avec une pareille constitution, cette côte offre d’insurmontables difficultés pour une descente. Ce n’est pas le point attaquable de l’Angleterre; c’est au contraire une défense naturelle. Toute tentative de débarquement est condamnée à la tourner, pour entrer dans la Tamise d’un côté, ou pour atterrir dans le voisinage de l’île de Wight de l’autre. Ici l’arête crétacée est accompagnée, en effet, d’une bordure tertiaire, qui n’a été mise au jour que dans le soulèvement de l’île de Wight. C’est dans les parages de cette île que la flotte de Harold attendait celle de Guillaume le Conquérant, dans l’été de l’an iOOO. Guillaume ne fut amené à débarquer à Pevenscy près de Hastings, au mois de septembre de la même année, qu’après la retraite de cette flotte et la disparition de la résistance. Alors seulement Guillaume le Conquérant accomplit le transport d’une armée de trente mille hommes, de Normandie en Angleterre, œuvre gigantesque pour le temps. L’entreprise eut pour conséquence une conquête, une domination, et la substitution d’une aristocratie nouvelle.

Nous avons dit par quels travaux gigantesques on est parvenu à diriger le railway de Douvres à Londres, le long de la côte jusqu’à Folkstone. Ce chemin ferré s’enfonce ensuite dans l’intérieur, pour franchir le faîte dans la petite dépression d’Ashford. Plus loin, le chemin de fer de Brighton à Londres traverse le massif directement. Enfin le canal d’Arundei à la Tamise profite d’une dernière dépression extrêmement profonde. Le raihvay de Londres à Southampton et Portsmouth

LES ILES BRITANNIQUES. 319

passe au contraire sur le dos du plateau, dans une partie assez élevée.

En arrière des Wealds, dans le bassin de Londres, on trouve de belles campagnes et un sol non-seulement fertile par lui-même, mais encore enrichi par les engrais d’une vaste capitale. Ce bassin forme une large cuve, dont le fond est généralement revêtu de terres grasses. La Tamise le sillonne. A Londres, où vient déjà la marée, elle porte son dernier pont de pierres, le célèbre Pont de Londres (London-Bridge) qui a 400 mètres de longueur. Là s’arrête la navigation du fleuve, dont le chenal n'est d’ailleurs praticable qu’avec certaines précautions, et dont les brouillards suspendent souvent la viabilité en automne et en hiver.

Arête des Wealds.

NOMS DES POINTS

UTITUDK

SEPTEN-

TRIONALE

LOXGITDDK à l'ouest I«K PARIS.

ALTITUDE

AUTORITÉ

I Brulon

« Bueklaml cl Co-

2 I.ong-Knoll

nybeare.

A Anglais.

3 llungerford (au-dessus de).

^ (Bradshaw).

! 1 lukpen- Hïll

A Anglais.

3 l’elworth (au nord de). .

V (Bradshaw).

A Rater.

G l.eitli-llill

7 Balcombc-Down ....

V Rennic.

8 Crowliorougli

A Rater.

9 Aliiigton-Knoll

A A nglais.

10 Paddleswortli

Il South -I'orclamJ . . . .

Situations.

I Commencement de l’a ri le îi la route de Dorchester à Bath, qui la siparc de Mcndip-llills. — 2 Massif du plateau de Salisbury (Salisbury l’iain). — 3 Bief de partage du canal de Kennett et Avon, de Bath à la Tamise. — 4. Massif de Inkpcn-llill. — H Bief de partage du canal de Surrey et Susscx, d’Arundel à la Tamise. — 6 Massif de Lcitn-Hili. — 7 Col entre l'Ouse et la Medway, au chemin de fer de Brighlon ù Londres.— 8 Massif de Crowborotigli. — 9 Dépression du faite au sud d’Ashford. — 10 Massif du Kent. — Il Interruption de l’arile au Pas-de- Calais.

Page 1