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ARÊTE DES MONTS-ARRANS

Le pays de Galles, traversé par trois arcles, a pour charpente une sorte de Z. Le trait inférieur constitue le front méridional ou des Black-Mountains, dont nous venons de parler. Le front septentrional est formé par les Breddyn-Hills, qui leur sont parallèles. Enfin, entre les deux, court obliquement, comme le trait incliné du Z, l’arête des Monts-Arrans, qui se lie aux deux autres rides par ses deux extrémités.

Les Monts-Arrans composent un épais massif de grès, soulevé dans le système du Hunsrück. Ce sont des croupes nues, incultes, peu habitées, couvertes de restes druidiques, monuments de l’antique foi des Celtes. Sur ces hautes croupes arrondies, d’où l’œil découvre un vaste horizon, l’habitant welche retrouve ù chaque pas des témoins de la présence et de

CHAFITRE V.

la force de ses aïeux. Débris d’une nation conquise, il se tient encore à l’écart dans ses montagnes , cherchant à sauvegarder ses vieux usages, sa langue maternelle et ses lois. Le pâtre qui mène les troupeaux chétifs sur les croupes élevées appartient manifestement à la race celtique. Mais cette race elle-même s’éteint. L’élément anglo-saxon déborde et opprime ; là même où la substitution ne s’est pas opérée, la dépopulation du pays a suivi la décadence du peuple ancien.

Deux chaussées principales traversent cette arête. La première part de Bridgenorth sur la Severn ; elle s’élève dans l’ouverture de l’angle entre les Monts-Arrans et les Black-Mountains, comme on l’a dit plus haut. Arrivée près du sommet de l’angle, elle se détache subitement de la route de Caermarthen, qui se rend au sud. Celle dont nous parlons tourne vers le nord, franchit lefaitedesMonts Arrans, et descend à la côte à Aberystwith.

Une seconde chaussée part d’Ellesmere, à peu près au saillant de l’angle formé entre l’extrémité nord-est des Monts-Arrans et les Breddyn-Hills. Elle coupe le faite obliquement ; et descend aussi sur la côte de la baie de Cardigan, à Àberystvvith.

Arête des Monts-Arrans.

NOMS DES POINTS

LATITUDE

SEPTEN-

TRIONALE

LOS BIT IDE i l'ouest

DE PARIS

ALTITUDE

AUTORITÉ

i Precelly-Top

A A nglais.

2 New-lnn-llill

A Anglais.

3 Tregarron

A A nglais.

j 1 Phuyder (au nord-ouest). .

3 Plynlimmon

A A nglais.

6 Dynasmowddy (à l’est) . .

mm

7 j Arran-Fowddy

( Cyrn-y-Urain

A Anglais.

; 8 Cbcstcr

53 il

Situations.

1 Massif de Precctly ; nœud avec les Black-Mountains. — 2 Dépression dn C'acrmarthcnshire.— 3 Massif de Tregarron. — 4 Boute de Bridgenorth et Lcominster.

LES ILES BRITANNIQUES

4 Aberysln illi. — 5 Massif de Plynlimmon. — G Roule de Ellesmcre à Aberysl« ith. — 7 Massif des Monts-Arraus proprement dits. — 8 Fin de l'arète au bassin de la Dee el de lu Mersey.

ARÊTE DES BREDDTN-H1LLS.

Le troisième trait du Z est formé par une ride analogue à celle du midi. Elle a pris aussi son relief sous l’influence successive de deux soulèvements , l’un dans le système des Ballons, l’autre dans celui du Hainaut. Les deux axes restent confondus entre eux dans l’épaisseur du massif. Comme dans les Black- Mountains, l'aréle est bordée de petits bassins liouillers, moins développés cependant que ceux du sud. En revanche, les éruptions d’euritequi ont accompagné l’exhaussement des couches de sédiment, sont plus abondantes et plus multipliées. Ces événements ont même affecté le sol au delà des limites apparentes de la ride. On en retrouve les traces jusqu’auprès de Leicester, non pas précisément dans le relief du sol, mais dans l’émersion des terrains. Le Leicestershire offre encore quelques typhons d’eurite.

Dans la partie saillantede son relief, cet épais massif, coupé de roches ignées, a quelque chose de plus rude encore que les deux autres. C’est le sanctuaire impénétrable du Pays de Galles et des anciens Gaulois. C’est la terre classique des antiquités celtiques en Angleterre. Aucune route frayée ne traverse le coeur desBreddyn-Hills. L’arête culmineàla haute croupeduSnowdon ou montagne neigeuse, qui est en même temps la sommité la plus élevée de toute l’Angleterre. 11 s’en faut cependant que le Snowdon soit un géant, et il serait étonnant qu’il eût acquis une élévation remarquable, puisqu’il a pris son relief sous l’action de soulèvements anciens. Il n’atteint pas la hauteur des principaux ballons des Vosges. Il suffit toutefois pour nous livrer la vue de la mer d’Irlande dans toute sa largeur. Par un temps clair, circonstance malheureusement rare dans ces régions, surtout en automne et en hiver, on aperçoit, du haut de sa cime, le rivage montueux de Dublin.

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