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A Anglais.
ô Ashley-Heath
A A ngluis.
1 Dépression qui sépare le Long-Mynd des Blnck-Mountains. — 2 Massif du Long-Mynd. — 3 Dépression du bassin Iriasique où finit le Long-Mynd.
ARÊTE DES MOORLANDS.
Nous voici parvenus à la grande arête dorsale d’Angleterre, celle que l’on nomme aussi l’arête pennine à cause de sa position centrale et longitudinale dans l’île. Elle fait le type d’un système de soulèvement particulier, désigné sous le nom de système du Nord de l’Angleterre. Si nous la prenons du nord au sud, nous la voyons venir de l’Écosse, traverser toute l’Angleterre septentrionale, s’approcher sous un angle fort aigu de l’arête jurassique, qui finit par s’y trouver en quelque sorte accolée, recouper le midi de l’île sous la forme d’une trace peu marquée, et reparaître enfin de l’autre côté de la Manche dans la ride du Cotentin ou presqu’île de Cherbourg.
LES ILES BRITANNIQUES. 333
La partie saillante et septentrionale s’était émergée h la fin de la période houillère. Elle est donc formée de terrains anciens. Au midi, la ride ne se composait que de quelques petites îles alignées, ou d’un soulèvement sous-marin que des dépôts plus récents ont encroûté. Si, plus tard, d’autres plissements de l’écorce terrestre ont fait monter au jour ces parties du sol, elles sont donc recouvertes de formations plus nouvelles, qui permettent seulement de soupçonner la continuité du faite. Mais dans le Coientin, le soulèvement du nord de l’Angleterre a opéré sur des terres émergées, où son action reparaît nettement.
Il sera inutile de nous reporter dans la partie française, dont on a déjà parlé (1). Nous traverserons immédiatement la Marché et le Dorsetshire, pourrions transporter tout d’un coup sur la basse Severn, près de Gloccster. Là, nous verrons la ride qui commence à se dessiner. La Severn la coupe à Worcester. Le relief s’étend vers le nord-est, en côtoyant l’arête jurassique des Colswold-Hills, et en laissant seulement entre les deux rides le petit bassin de Birmingham, parcouru dans sa longueur par le chemin de fer de cette ville à Glocester. Notre faîte s’efface dans les belles plaines triasiques du Staffordshire, où le plissement n’avait pas eu la force de s’élever au-dessus de l’eau. Le canal de Trent et Mersey, qui coupe l’île dans toute sa largeur, profite de cet instant de suspension, pour se rendre de Nottingham vers Liverpool.
Mais bientôt l’arête s’élève, avec de vastes bassins houillers à sa bordure et même sur son faîte. Elle forme une ride un peu épaisse de roches généralement compactes, que couronnent encore de nombreuses forêts. Dans ces forêts principalement composées de chênes et de pins, le hêtre (2) du continent manquait, avant qu’il eût été apporté par l’homme. Aujourd’hui des conifères venus de toutes les régions du globe, de l’Himalaya comme de la Californie, commencent à se naturaliser sur
(1) Voyez plus haut. II* partie, cbap. IV, p. 310-311.
(2) Fagus tylvalica.