CHAPITRE VI
en relation les sources de l’Eger avec celles de la Saale. Mais la première chaussée est celle qui se rend d’Eger à Hof, par la petite ville d’Asch. Un peu au delà, une autre route, partie également d’Eger, mais qui appuie plus à droite, descend à Plauen, dans la vallée de l’Elster. Au mois d’avril 4547, Charles-Quint, qui avait rassemblé son armée en Bohême, s’en servit pour pénétrer en Saxe, et pour venir vaincre sur l’Elbe, à Mühlberg, la ligue des princes luthériens.
On trouve ensuite la route de Carlsbad à Zwickau, qui rencontre déjà un faîte plus élevé; car on approche du point culminant de tout PErzgebirge, où l'altitude, qui s'est sensiblement relevée, surpasse même celle du nœud. C’est entre Joachimsthal et Annaberg que culminent les bords les plus élevés du pan de micaschiste. Ici le massif a une certaine épaisseur. Des chemins et des sentiers franchissent ses saillies les plus élevées; pourtant les chaussées tournent ce massif central.
De Saaz sur le bas Eger partent deux routes, dont l’une se dirige vers Chemnitz et l’autre vers Freiberg. Ces dernières voies ont l’avantage de déboucher dans une parlie plus centrale de la Saxe, et à une moindre distance de Dresde (Dresden). En considérant le passage du faîte dans le sens opposé, on voit aussi qu’elles conduisent vers un point assez central de la Bohême. Plus loin, à l’est, l’Erzgebirge est même accompagné d’un petit massif latéral dont nous parlerons tout à l’heure; tellement que les routes encore plus orientales ont un double faîte à passer. Reconnaissant les avantages de la voie de Chemnitz à Saaz, ce fut par là que Frédéric H porta le corps d’armée du maréchal Keith en Bohême, en novembre 1757, après la bataille de Rossbach.
L’Elbe contourne l’extrémité de l'arête , dont l’éperon repousse le fleuve dans la sinuosité de Tetschen. L’Erzgebirge arrivant ici, sous un angle assez ouvert, à la rencontre de l’éperon terminal du Riesengebirge, qui s’étend de l’autre côté de l’Elbe, il devait se produire un nœud particulier, sinon entre les deux chaînes, du moins entre leurs éperons. Mais les deux rides expirantes s’y joignent seulement sous la figure
LA GERMANIE
d’un saillant de fortification, c’est-à-dire d’un V et non d’un X. La pointe du V ne présente pas de surexhausseraent notable, mais une fente profonde, par laquelle l’Elbe sort du bassin fermé de la Bohême, comme de l’écluse d’un ouvrage avancé.
Sur la rive gauche de l’Elbe, au pied de l'éperon de l’Erzgebirge, passent la grande route et le chemin de fer de Prague à Dresde. Mais dans le siècle dernier, on a tracé une belle chaussée par-dessus l’éperon, pour éviter le détour auquel entraîne la sinuosité du fleuve. Cette chaussée quitte l’Elbe à Pyrna, passe à Peterswalde, et descend en Bohême à l’entrée de la vallée de Téplitz, au milieu des phénomènes volcaniques qui ont bouleversé cette partie de l’Allemagne. A Téplitz, des eaux thermales abondantes sont utilisées avec beaucoup d’intelligence par des jardiniers, pour entretenir la chaleur dans le sol des couches.
La vallée de Téplitz ou plutôt celle de Bilin où coule le cours d’eau principal, débouche dans l’Elbe; elle est longitudinale, tracée au pied méridional de l’Erzgebirge, et parallèle à son faîte. A Bilin jaillissent du gneiss des eaux froides, beaucoup plus salines que les eaux thermales de Téplitz, parce qu’elles ont rencontré, dans leur trajet souterrain, des matières solubles plus abondantes. Les couches supérieures de Bilin sont des sables de l'époque tertiaire, tellement fins qu’ils composent un excellent tripoli. Ehrenberg a reconnu au microscope que celte poudre est entièrement formée de carapaces siliceuses d’animalcules iufusoires, dont elle réunit par millions les dépouilles fossiles.
De l’autre côté du vallon de Bilin , c’est-à-dire au sud , s’élève la petite ride du Mittelgebirge ou montagnes du milieu, qui se trouve effectivement enclavée dans l’intérieur de la Bohême. Elle est à peu près parallèle à l’Erzgebirge, mais son apparition est plus récente, et ne remonte qu’à la période tertiaire. C’est une immense éjaculation de basalte entremêlé de phonolilhe. Toute cette partie de la Bohême a subi, au milieu de ses couches tertiaires, de vastes éruptions basaltiques, qui se sont étendues à l’état de mollesse, et forment aujourd’hui
des plateaux ou des dykes foncées, qui couronnent et entrecoupent les collines.
Par sa situation, le Mittelgebirge double l’arête de l’Erzgebirge dans son éperon terminal, vers l’Elbe. A cette extrémité, au lieu d’une ligne unique, on en a deux à passer. C’est une disposition dont Frédéric II sut bien habilement profiter, en septembre 1736. Apprenant que l’armée autrichienne du maréchal Brown, réunie en Bohême, venait de franchir la ligne de l’Eger, près de son confluent avec l’Elbe, Frédéric accourt de la Saxe par la route qui côtoie le fleuve. Mais au lieu de garder les passes de l’Erzgebirge, il pousse jusqu’au Mittelgebirge, et y prend une forte position entre l’Elbe et cette ride. Dans cette situation, il était couvert sur les deux flancs, soit par le fleuve, soit par le relief de l’arête; et il avait deux routes derrière lui pour se lier à sa base d’opération, celle du bord de l’eau et celle de Peterswalde.
Arête de l’Erzgebirge.
NOMS DES POINTS
LiTITCDE
SEPTEN-
TRIONALE
LUIGITIDE
il'm
DE PARIS
ALTITUDE
Ochscnkopf
« (Vdlter).
Schneeberg
Pause de Schieda (au sud de
« (Vôller;.
Kaltc-Buch)