CHAPITRE VI
Limité par le Rhin et la Lahn, s’étendant à l’est, mais en s'abaissant, jusqu’à la rencontre du Thüringerwald, le Rothargebirge forme une espèce d’île inabordable , qui fut toujours laissée de côté par les invasions, et que les marches militaires ont toujours tournée, en l’enveloppant quelquefois par deux corps d’armée comme par deux bras. Les rivières, comme l’Eder et la Diemel, qui descendent do cette haute croupe vers le Wéser, sillonnent profondément le Thüringerwald, alors adossé au prolongement du Rothar.
Les points de départ pour embrasser le Rothargebirge sont Wesel et Francfort ; le point commun d’arrivée est la vallée du Wéser. Par le nord, on tourne le massif dans la Westphalie, et Ton parvient à Minden sans que le relief du sol offre de sérieuses difficultés. C’est aussi la direction suivie par la grande voie ferrée de Cologne à Berlin.
Du côté du sud, on arrive d’abord à Marburg, qui est à la bordure du massif, soit en remontant la vallée de la Labn, soit en côtoyant l’éperon du Taunus, à partir de Francfort. A Marbourg la route se bifurque ; l’une des branches va immédiatement à Cassel et au Wéser; l’autre se rend à Paderborn, en suivant la soudure du Rothargebirge et du Thüringerwald. La première conduit directement au but, qui est le Wéser et les plaines ouvertes qui lui succèdent; la seconde est entravée par les sillons de l’Eder et de la Diemel dont nous avons parlé.
Le maréchal de Contades et le maréchal de Broglie ont fait cependant la faute, l’un et l’autre, de s’engager sur la route de Paderborn, en tournant le Rothargebirge sur son éperon, au lieu de marcher immédiatement au Wéser. Le premier, en juin 1759, cherchait à se porter sur les communications de l’armée prussienne qui occupait la Westphalie. Pressé d’opérer, il a fait un à-gauche trop vite. Le second, en juin et juillet 1760, fut également trop pressé de se réunir au corps français du comte de Saint-Germain, qui faisait un mouvement offensif en Westphalie, et n’ayant pas gagné le Wéser, il se fit arrêter successivement par le duc Ferdinand, aux passages de l’Eder et de la Diemel.
LA GERMANIE
La marche deTurenne, pendant l’été de 1646, s’était exécutée dans un sens contraire. Ce maréchal avait traversé le Rhin à Wesel, avec l’armée française, pour gagner le Wéser en passant au nord du Rothargebirge. Il lit sa jonction, dans la Hesse, avec l’armée suédoise commandée par Wrangel , qui venait de la Saxe à travers le Thüringerwald. Alors, se rabattant au midi, les deux généraux pénétrèrent dans le bassin du Main, en poussant l’armée austro-bavaroise devant eux. Mais quelque exemple que l’on veuille chercher dans l’histoire de là viabilité de l’Europe, le Rothargebirge nous apparaît toujours comme un massif désert et abandonné, sans ressources et sans vie.
Arête Ardenne-Rothargebirge.
NOMS DES POINTS
LATITUDE
SEPTEN-
TRIONALE
LOKITUDK » l'est
DE PARIS
1 1 Boursics
A Français.
| 2 Bois des Marquisades. . .
A Français.
3 Revin (la Meuse) . . . .
A Français.
1 4 Croix-Scaille
A Français.
S Paliseul
4 Sleiniuger.
6 Bros