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ARÊTE OU RIESENGEBIRGE (SUDÈTES

Pour acliever de décrire l’enceinte quadrilatère de la Bohême, il ne nous reste qu’à parler du Riesengebirge ou Montagnes des Géants, connues aussi sous le nom de Sudètes. C’est un sillon tracé dans une immense nappe de roches primaires, où le gneiss et le micaschiste alternent. Vers la crête du sillon, le porphyre s’élève en masses coniques, et plus souvent encore le granité forme des dômes hémisphériques qui dominent l’arête. La mer a conservé longtemps son rivage au pied septentrional de cette croupe, dont le relief principal est sans doute bien postérieur à la première émersion. Ainsi la Silésie forme le long du Riesengebirge des marges ou laisses successives, qui nous montrent les lisières des formations subséquentes. C’est d’abord le calcaire carbonifère; puis vient, auprès de Schweidnitz, une zone de terrain houiller; et enfin, en marchant vers la Baltique, les formations secondaires et tertiaires font leur apparition.

L’éperon le plus occidental du Riesengebirge constitue le petit massif du Floeming, entre l’Elbe et la Sprée. Il est franchi par le chemin de fer de Dresde à Breslau ; mais c’est seulement un seuil de partage d’une très-faible élévation. L’arête proprement dite ne commence qu’au massif de la Lausche, qui domine la brèche de l’Elbe, et dans lequel le touriste va visiter les sites pittoresques de la Suisse saxonne.

Diverses chaussées mettent en communicatiou la Bohême et la Silésie. Celle de Gabel à Zittau formait la ligne de retraite du corps du prince de Prusse, en juillet 1757, après que Frédéric II eût perdu la bataille de Kollin, sur le haut Elbe. Mais le détachement du général autrichien Macquire ferma cette sortie de la Bohême, eu s’emparant de Gabel. Les Prussiens traversèrent alors l’éperon entre la Lausche et l’Elbe, obligés de passer par les chemins de traverse et les sentiers. Ils ne durent leur salut et la conservation de la place de Zittau, sur

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LA GERMANIE

I’aulre versant, qu’à la lenteur des mouvements de l’armée ennemie.

La grande voie centrale des Sudètes est celle de Kônigratz à Glatz. C’est la communication de l’Elbe à l’Oder. Plusieurs chemins de traverse s’embranchent sur cette chaussée : l’un des plus importants, qui va de Nachod à Landshul, a servi à la retraite de Frédéric II, en août 1758, lorsque ce prince se trouvait pour ainsi dire enfermé dans la Bohême. Ces chemins de communication sont tracés dans la partie la plus élevée de l’arête. En effet, la ride commence vers l’est à perdre un peu de son relief. Elle prend le nom de Gesenkergebirge ou Monts abaissés. Elle vient enfin se déprimer dans le seuil qui sépare la Moravie de la Silésie, et par l’intermédiaire duquel les Sudètes se lient aux Carpathes. C’est là que passe la route d’Olmütz à Neisse, et plus bas encore le chemin de fer austrosilésien.

La route d’Olmütz à Neisse est l’ancienne voie principale de communication. Frédéric II la suivit, en mai 1758, pour envahir l’Autriche; en même temps il menaçait les communications de l’armée autrichienne du maréchal Daun , qui gardait, par l’intérieur de la Bohême, les passes des Sudètes; tellement que ce dernier se sentit obligé de sortir du bassin fermé du haut Elbe, et de se reporter lui-même en Moravie, par les passes de Zwittau.

Le seuil qui termine les Gesenkergebirge, vers les sources de l’Oder, offre d’immenses avantages pour pénétrer dans le bassin du Danube, et par conséquent au cœur de la monarchie autrichienne. Si l’on quitte la plaine du nord pour traverser les cols de l’Erzgebirge ou des Sudètes, en pénétrant en Bohême, il reste une seconde ceinture à franchir pour atteindre le Danube : il faut passer le Bœhmerwald ou les Zardsky-Hory pour ressortir du pays fermé où l’on s’est introduit. Au contraire, à l’orient de la Bohême, l’arête devient unique; de plus, elle s’abaisse. Le relief du seuil n’est plus que de deux cents mètres environ, par rapport aux plaines adjacentes de la Silésie au nord, et de la Moravie au midi.

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