PLAINE BALTIQUE ET SES ACCIDENTS
Une grande région naturelle borde la mer du nord et la Baltique. Elle se compose d’une immense plaine sablonneuse, trèssouvent nue et monotone, qui s’étend depuis la côte de Dunkerque et d’Ostende jusqu’aux frontières de la Russie. Cet immense territoire appartient presque tout entier aux dialectes du bas allemand. Il est limité au midi par une ligne brisée de petites arêtes, qui le séparent de la France et de la haute Allemagne. Ces arêtes sont de l’ouest à l’est, l’Àrdenne, le Rothargebirge, le Thüringerwald, l’Erzgebirge et les Sudètes. Leur ensemble forme une espèce de rempart sinueux, qui constitue ce que l’on nomme la chaîne hercynienne.
La grande plaine, désignée souvent sous le nom de plaine cimbro-germaniqne, n’offre guère, dans toute son étendue, qu’un même aspect et une même végétation. La culture y a fait de remarquables conquêtes, grâce à l’application des engrais; mais le sol sablonneux est en général peu fertile. Dans l’état de nature, il ne porte guère que de vastes associations de bruyères, où la bruyère cendrée et la bruyère tetralix (i) s’unissent, comme des compagnes fidèles, à la bruyère commune (2). Les grands végétaux sont surtout des conifères : ils composent des massifs de pins et de sapins, des bouquets de genévriers. Les hivers sont longs, le climat est humide; les côtes sont plates et brumeuses. C’est de la basse Allemagne que Chateaubriand voulait parler lorsqu’il emploie quelque part ces expressions qui se gravent dans l’esprit : « Les horizons plats et noirs de la
(1) Ertca cinerea et E. tetralix.
(S) Calluna vulgarit.