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CHAPITRE VIII

Leur principale voie d’opération fut par les branches abaissées des Alpes. lisse répandirent dans les intervalles des arêtes, jusque vers le nœud du Terglou , et passèrent les cols de la chaîne illyrienne, pour atteindre les rivages de l’Adriatique. Les Croates en particulier fondèrent sur cette mer un puissant royaume, d’où ils exercèrent longtemps la piraterie.

Ce mouvement fut assez rapide. Il paraît qu’au v* siècle, il y avait déjà des tribus slaves fixées dans la Carniole. Au vi% les Slaves occupaient la Carinthie et la Servie. Enfin, au vu*, les Boulgares, en faisant la conquête de la rive méridionale du bas Danube, avaient trouvé là des populations slaves, auxquelles ils avaient assigné des terres. Ce sont les Slaves qui ont donné le nom de Valaques aux anciennes populations de la Thrace et de la Dacie, qui se composaient de colons romains, et qui prennent encore le nom de Roumains. Dans ces provinces, depuis les côtes de l’Archipel jusqu’au nord du Danube, le vieil élément latin est aujourd’hui mêlé, pour une moitié environ, à d’autres éléments qui appartiennent aux Slaves, aux Crées, aux Goths et aux Turcs.

Les Slovaques, refoulés par les Madjiares, lorsque ceux-ci vinrent s’établir en Hongrie, sont de race slave. Les Tchèques de la Bohême en sont également ; ils sont entrés dans ce grand bassin fermé, dès le vic siècle, en franchissant les passages des Zdarsky-Hory.

Tous ces peuples avaient été christianisés par les missionnaires grecs ou romains (îx* et x' siècles). La grande plaine du Nord leur avait permis de s’étendre presque sans limite, après le départ des tribus gothiques. Iis sont venus jusqu’aux bouches de l’Elbe. Mais, au moment où l’élément germanique s’est retourné contre eux, ils oui été refoulés vers la Russie, ou bien absorbés par une civilisation plus complète. On retrouve encore à Prilwitz, dans le Mecklenbourg, les ruines de l’ancienne ville slave de Riietra, capitale des Obotrites, qui fit la plus longue résistance aux Saxons.

Cependant l’élément germanique gagnait de proche en proche. Les chevaliers teutons poussaient la propagande

MOUVEMENTS DE PEUPLES

allemande, la lance à la main, le long des rivages de la Baltique. La langue germanique se substitua insensiblement, jusqu’en Lithuanie (xvn* siècle), à celle des anciens Prussiens slaves. Mais il resta quelques colonies isolées dans la Lusace, aux pentes avancées de l’Iserkamm.

En général, c’est par infiltration plutôt que par déplacement que la race germaine a réagi de l’ouest à l’est contre les Slaves. En même temps, ceux-ci agissaient à peu près de la même manière contre les anciens habitants mongoliques qui les bordaient à l’Orient. Cette partie de leur œuvre appartient surtout aux Russes : elle n’offre pas un intérêt direct pour l’Europe occidentale, et nous nous bornons ici à l’indiquer.

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