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PUISSANCE ÉRUPTIVE

Si l’on réfléchit que les matières laviques ont à peu près trois fois la densité de l’eau, et qu’elles proviennent certainement d’une profondeur inférieure au niveau jde la mer, sans doute même beaucoup plus grande, on demeure frappé de l’énergie d’une telle action. Deux sources peuvent être assignées à cette puissance. On peut se figurer que les voussoirsdont l’écorce se compose, en appuyant sur le noyau liquide, forcent la matière pâteuse de ses premières couches à s’élever par les joints. Ou bien le dégagement des gaz intérieurs, emprisonnés sous l’écorce, refoule ces mêmes matières liquéfiées. Dans le premier cas, l’élévation des laves est le produit d’un effet analogue à la pompe foulante; dans le second, on peut la comparer à celle du mercure, dans un manomètre à air libre.

Quelle qu’en soit la cause, la lave s’élève dans le conduit du cratère, comme dans un tube. Quelquefois elle perce les parois, pour se répandre à travers les flancs; quelquefois aussi elle s’élève, comme nous venons de le dire, jusqu’à l’orifice supérieur, pour se déverser par la bouche.

C’est alors que des torrents de matière fondue, incandescente, roulent sur les pentes et vont s’accumuler dans les bas-fonds.

Ces coulées de lave rappellent, en grand, celles de la fonte dans nos hauts fourneaux. Comme pour la fonte, la matière est à la fois coulante et rouge de chaleur; ses ruisseaux brûlent tout sur leur passage. <

L’émission des laves est le phénomène le plus considérable de l’activité volcanique. Tous les volcans ne se sont pas développés au point d’en répandre. L’Etna elle Vésuve en ont donné souvent. Dans la province Rhénane, il existe, entre autres exemples, sur le flanc d’un ancien volcan, en face de Gerolstein, une belle coulée de lave basaltique, qui s’échappe du pied d’un escarpement.

Les épanchements de lave sont généralement plusieurs années à se refroidir. Celte durée dépend d’ailleurs des masses qui se trouvent agglomérées. Comme la matière est visqueuse, elle laisse des traces de son passage sur les parois inclinées du volcan, et continue parfois, pendant très-longtemps, à s’étaler dans la plaine.

Les volcans ayant pour cause première une pression souterraine exercée du dedans au dehors, leur activité s’épuise d’elle-même. Une fois la soupape ouverte, le jet doit finir par s’affaiblir. Il existe, en effet, outre les volcans actifs, un nombre beaucoup plus considérable de volcans éteints. On range les bouches volcaniques dans cette dernière catégorie, quand les éruptions de matières liquides ou solides se sont arrêtées. Le volcan, après s’être borné à rejeter de la fumée, des cendres, des scories, finit par ne plus donner passage qu’à de la vapeur d’eau et à de simples gaz, à l’acide carbonique notamment.

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