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FRACTURES DE L’ÉCORCE DU CLORE

Maintenant, passons de la théorie mécanique au cas expérimental du globe terrestre. Nous reconnaîtrons, dans l’écorce, des fractures linéaires, d’étendue diverse, qui suivent souvent la direction d’un grand cercle. Mais un grand nombre de ces failles ne s’étendent pas à une demi-circonférence de la sphère. Elles se sont produites partiellement, avant que l’action fût suffisante pour occasionner une pareille déchirure. Quelquesunes cependant affectent cette généralité. Telle est, entre autres, la faille marquée par la chaîne des Cordillères, qui part du cap Horn, suit le rivage occidental des deux Amériques, et se prolonge même en Asie, de l’autre côté du détroit de Behring.

On observe aussi, sur la surface de la terre, que les fractures existantes affectent des directions variées et s’entre-croisent mutuellement. On reconnaît donc les analogies de la nature avec l’hypothèse théorique. Mais il faut montrer d’où proviennent les différences.

D’abord, les enveloppes cohérentes qui composent l’écorce terrestre n’offrent ni l’uniformité de résistance, ni l’égalité d’épaisseur que le calcul suppose. Les circonstances sont au contraire variables, d’une région à une autre. Mille accidents de constitution ont déterminé des fractures partielles, anticipées. D’autres accidents ont influé sur la continuité ou la rectilinéité d’une même fracture. C’est ainsi que, dans une maçonnerie, les crevasses, tout en affectant une même direction générale, s’infléchissent ù chaque instant, par suite de la disposition et de la nature des matériaux qu’elles fendent.

Ces réserves posées, nous pourrons chercher la direction générale d’une faille, d’après l’alignement approché des principaux points par lesquels elle passe. Nous pourrons regarder cette direction comme la caractéristique, pour ainsi dire, de chaque fracture.

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