CHAPITRE PREMIER
Les fentes linéaires de l’écorce du {(lobe ont reçu le nom particulier de failles, dérivé de la dénomination qui leur avait été donnée par les mineurs allemands, Fall, chute. En effet, le caractère le plus remarquable d’une faille, c’est que les deux lèvres de la fracture ne sont plus au même niveau, c’est que l’une des deux a descendu par rapport à l’autre.
Après qu’une pareille fente s’est opérée, et que l’enveloppe sphérique a par conséquent cédé dans un certain sens, supposons que les mêmes causes continuent il se développer; il devra se produire, à un instant donné, une nouvelle fracture. Mais celle-ci n’arrivera plus dans le même sens où la première a eu lieu, et où l’enveloppe s’est déjà rétrécie. Elle se manifestera évidemment dans une direction inclinée ù la première.
On arriverait ainsi, dans une suite de fractures successives, à recouvrir le globe d’une espèce de réseau de grands cercles. Ceux-ci offriraient des directions variées, lorsque l’enveloppe sphérique aurait fini par céder dans divers sens. Élie de Beaumont trouve que les fentes se grouperaient autour de seize directions particulières, constituant les principales lignes du réseau, et auxquelles il reconnaît la propriété remarquable de former le système du plus facile écrasement.