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CHAPITRE II

DES FORMES DU SOL

On ne peut se faire une idée nette du relief du globe, sans rattacher le modelé de la surface aux causes qui l’ont produit; et l’on ne peut décrire ce modelé, sans être convenu de la signification précise qu’il faut attacher aux termes du langage. Il suffit qu’un pays s’exhausse insensiblement en pente douce, pour que le vulgaire ignore son élévation ; et d’un autre côté il n’existe pas une butte insignifiante au milieu de vastes plaines, qui ne soit qualifiée de montagne. Les accidents rapides sont sans doute plus sensibles à l’œil ; mais ont-ils partout la même importance? Le voyageur qui fait la route de Madrid à Valence, dans une belle plaine presque unie, au milieu des jardins, de la verdure, d’une certaine fraîcheur du climat, ne doit pas ignorer que cette plaine tire ses avantages de son élévation au-dessus de la mer. Celui, au contraire, qui gravit le Mont-Cassel, dans le nord de la France, ne doit pas se persuader qu’il a fait l’ascension d’une véritable montagne, et qu’il ne trouvera pas d’autres difficultés, d’autres changements de la nature, en passant les Pyrénées ou les Alpes.

D'ailleurs, est-ce par le terme vague et unique de montagne qu’on peut représenter à l’esprit des inégalités qui se sont produites de plusieurs manières et avec divers accidents? Il faut envisager les saillies du globe comme des organes, les décrire

DES FORMES DU SOL

dans leur allure générale et dans leurs principales parties. Nous en aurons alors une idée complète, et nous exprimerons facilement leurs dispositions.

Ainsi, il y a dans tout relief deux extrêmes opposés : le saillant et le creux ; et chacun d’eux peut être considéré dans les trois dimensions de l’étendue. Ces extrêmes sont ensuite reliés entre eux par des pentes plus ou moins étalées, plus ou moins rapides, et dont la surface est plane ou bombée. Les difficultés que les rides qui sillonnent le globe opposent à sa viabilité dépendent précisément des formes.

TARTIES EN RELIEF.

Quand on considère un prisme soulevé, au point de vue le plus général, on le trouve composé de lignes et de surfaces. Des trois arêtes longitudinales du prisme, l’une est placée en haut et marque l’extrémité supérieure de la saillie, c’est la ligne de faîte; les deux autres sont couchées sur la plaine, et dessinent les lignes dans lesquelles le relèvement commence ou finit, ce sont les pieds.

Le prisme présente deux faces longitudinales, qui en constituent les versants; la plus grande pente d’un versant est dirigée du faîte au pied. L’un des versants, envisagé par rapport à l’autre, prend le nom de revers.

Enfin les deux extrémités du prisme, formées par les pyramides terminales, tiennent la place de la double proue d’un navire qui serait propre à marcher dans les deux sens. Nous emploierons constamment pour les désigner le nom d’éperons, qu’a proposé Bory de Saint-Vincent.

Ainsi toute arête nous présente, dans sa longueur : un premier éperon, une ligne de faite bordée de deux versants, ceux-ci se raccordant à la plaine par leurs pieds, et enfin un second et dernier éperon.

Le faite et les pieds sont souvent dans la nature des lignes un peu sinueuses, qui ne restent pas nécessairement parallèles

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