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PARTIES EN CREUX

Il faut maintenant envisager le creux.

C’est dans la partie la plus profonde d’une vallée que se réunissent généralement le? eaux courantes, que l’on peut comparer à des veines. La ligne du courant principal a reçu le nom allemand de thalweg, c’est-à-dire chemin de vallée, et c’est en effet le chemin qui marche dont parle Pascal. Des deux côtés du cours d’eau s’étendent les rives, qui varient de largeur et d’inclinaison, mais qui entraînent cependant l’idée d’une marge plate se terminant au bord de l’eau. Si le courant est resserré dans une crevasse profonde, les rives se réduisent souvent à un simple chemin, le long de la rivière. Celle-ci passe alors par une gorge, dont les escarpements sont les parois. Au contraire, les rives sont très-étendues dans les vallées larges et plates, où les eaux circulent à fleur de terre au milieu de terrains horizontaux, déposés sous forme d’alluvions, et souvent convertis en prairies.

La concavité générale occupée par le cours d’eau et par ses deux rives présente ordinairement un espace d’une certaine largeur, que l’on appelle bassin. Un fleuve ou une rivière, dans son cours, traverse souvent une suite de bassins semblables, placés à des étages différents, et séparés par des portions res-

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serrées, que l’on désigne sous le nom d 'étranglements. II n’est personne qui ne puisse étudier sur les petites rivières et sur les moindres ruisseaux cette constitution des vallées. A moins que les cours d’eau ne circulent dans une vaste plaine unie, qui appartient déjà au bassin d’un grand fleuve, on les verra passer la plupart du temps par des bassins successifs, aux fonds empâtés d’alluvions, que l’on peut comparer à des lacs desséchés, dont les eaux se seraient écoulées en se déversant successivement dans le lac qui suit.

Quelquefois l’étranglement qui sépare deux bassins consécutifs n’est dû qu’au resserrement des parois de la vallée. Quelquefois aussi il est produit par une véritable arête ou muraille qui courait transversalement, et dans laquelle la rivière a passé comme par une brèche. On dit alors que le cours d’eau perce l’obstacle, expression créée par le plus grand des géographes contemporains, Charles Ritter. Ainsi le Danube ne sortirait pas de la Hongrie s’il ne traversait par une percée les Portes de Fer d’Orsova. L’Elbe ne s’échapperait pas de la Bohême s’il ne perçait à Tetschcn l’enceinte de ce bassin fermé. L’Èbre couvrirait l’Aragon d’une mer intérieure, jusqu’à ce que la surface d’évaporation fasse équilibre à la venue des eaux, s’il ne se frayait pas une percée dans la ride qui court le long du rivage de la Catalogne et qui le sépare de la mer. La Meuse elle-même, qui franchit l’Ardenne par une gorge profonde entre Mézières et Givet, doit être mise au nombre des fleuves perceurs.

Ce qui précède donne un premier aperçu de la constitution des vallées. Ajoutons encore que les deux extrémités d’une veine d’eau sont la source et la bouche, expressions dont tout le monde connaît la valeur.

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