CHAPITRE II
ques de certaines rivières : celui de la Guadiana à Serpa, celui du Rhin au lac de Constance, celui de la Meuse à Namur. Mais ces changements brusques arrivent précisément quand la vallée change d’origine.
Le cours d’un fleuve peut être tracé dans le sens où les formations voisines se joignent et reposent successivement les unes sur les autres; il est alors longitudinal, et généralement parallèle à l’arête voisine.
En outre, il peut être transversal, et couper les couches sucsessives dans leur largeur et dans le sens de leur plus grande pente. Tel est le cas, par exemple, pour la plupart des vallées de dénudation : le sillon est tracé suivant l’inclinaison du terrain, et traverse successivement les lisières des différentes formations. Mais comme la roche et quelquefois la pente viennent à changer en passant d’une formation dans une autre, l’eau est souvent arrêtée à l’une des intersections; elle se détourne alors tout d’un coup à angle droit, pour se glisser dans la ligne de juxtaposition de deux couches. De transversal que le cours d’eau était précédemment, il devient subitement longitudinal.
Il ne faut donc pas se figurer que le détour brusque et souvent à angle droit d’un cours d’eau n’annonce qu’un vain caprice de la nature. C’est au contraire le signe d’un changement marqué dans les conditions de la surface ; c’est un indice presque certain du passage d’une formation dans une autre formation.
Ainsi l’on voit souvent les versants des arêtes sillonnés par des rivières transversales, qui descendent suivant la plus grande pente. Puis tout d’un coup ces rivières se détournent dans un même sens, ou bien elles rejoignent toutes une même rivière principale parallèle à l’arête. Or, cette nouvelle trace marque presque toujours le terme de l’arête, c’est-à-dire le pied du versant.
DES FORMES DU SOL