APPLICATIONS AUX TRAVAUX PUBLICS
Indiquons immédiatement quelques applications aux travaux publics, qui ne sont pas tout à fait inconnues des ingénieurs, bien qu’ils semblent en faire peu d’usage. Les cours d’eau sont si importants dans la viabilité du globe, qu’on nous pardonnera les détails dans lesquels nous entrons sur ce point. Les rivières ne sont pas seulement des voies navigables ou flottables; elles tracent les chemins pour l’homme. C’est en suivant les sillons qu’elles ont façonnés que les arêtes élevées nous sont accessibles. Il ne faut pas seulement les considérer comme des veines d’eau, mais comme les premières routes praticables du globe terrestre.
Ces remarques sont si vraies, que les difficultés des voyages commencent où les rivières cessent de nous marquer le chemin. Où se rencontrent les principaux obstacles à nos canaux, à nos chemins de fer, à nos chaussées elles-mêmes? C’est lorsqu'il s’agit de passer du bassin d’une rivière à celui d’un autre cours d’eau; c’est pour franchir ce que l’on appelle la crête ou le seuil de partage. Là sont les écluses accolées, les plans inclinés, les tunnels. Tant que l’homme peut suivre une rivière, il a la voie libre ou facilement accessible ; quand la rivière cesse, le passage devient incertain.
La préoccupation capitale de l’ingénieur est donc de passer d’une vallée par laquelle il s’est élevé, à une autre vallée, aussi voisine que possible et située de l’autre côté du seuil, au moyen de laquelle il descendra. Or, il se présente ici plusieurs cas, auxquels on peut appliquer des règles générales.
Supposons d’abord deux rivières longitudinales qui coulent dans le même sens. Ces rivières figureront deux droites parallèles, dont la distance sera égale partout. Il semblerait donc indifférent, à la première vue, quel endroit nous choisissons pour nous porter de l’une à l’autre. Mais il n’en est pas ainsi. Si nous remontons la première vallée très-haut, nous devrons