CHAPITRE II
descendre d’autant la seconde ; nous ferons donc en pure perte un immense détour. Il y a plus : c’est que l’écoulement des deux rivières dans le même sens indique de ce côté un abaissement général des masses. Par conséquent le seuil à franchir sera d’autant moins élevé que l’on partira d'un point plus bas
dans la première vallée, pour aboutir à un autre point également plus bas dans la seconde. On peut en déduire cette règle, qui est générale : « A égalité de distance entre le point de départ et le point d’arrivée, il faut toujours établir la communication entre les deux points qui offrent les moindres hauteurs. » Ce principe est confirmé par le tracé de ceux de nos grands travaux publics qui ont été précédés d’études complètes. Ainsi le bief de partage du célèbre canal du Midi, qui met en communication la Garonne et la Méditerranée, se trouve placé entre deux vallées parallèles, dont les eaux coulent dans le même sens, à l’endroit où les deux cours d’eau se détournent à la fois pour couler en sens opposé. Le chemin de fer de Vienne à Breslau passe de la vallée du March à celle de l’Oder, dans le point où le haut Oder, qui coulait parallèlement au March, fait un coude en équerre pour s’en écarter. Plus haut on aurait suivi les vallées, et plus élevé eût été le seuil traversé.
DES FORMES DU SOL
Si les rivières coulent en sens inverse, le principe s’applique encore : il faut joindre entre eux les centres des deux portions parallèles, comme on l’a fait à la chaussée du Monl-Cenis,
eutre l’Arc et la Doria. Et si les deux coudes sont en regard l’un de l’autre, comme dans la figure ci-dessous, il faut passer directement d’un des angles à l’angle opposé.
Ces théorèmes ne sont pas propres seulement à guider l’ingénieur : ils seront utiles à chaque instant dans les marches de toute espèce.