CHAPITRE II
marcher droit devant soi, pour atteindre le sillon longitudinal par la plus courte distance.
C’est ainsi, par la tête des ravins, que les arêtes faîtières sont accessibles. Ces arêtes, plus ou moins arrondies, quelquefois tout à fait rabattues, forment une espèce de plateau longitudinal. Les torrents supérieurs y marquent des dépressions, qui partent du plateau comme des plans inclinés ou des glissières. C’est par là qu’il est possible de parvenir sur le faîte, et de redescendre de l’autre côté. Ainsi le plus grand avantage des vallées transversales serait de se présenter l’une vis-à-vis de l’autre à leur naissance.
Si cette circonstance favorable est réalisée, la double dépression des versants se correspond et se rejoint pour ainsi dire par-dessus le faîte. Celui-ci éprouve alors un abaissement local, avantageux pour la viabilité, et que l’on appelle col, passe ou passage. Si, de plus, le faîte est étroit en ce point, de manière à raccourcir l’intervalle qui sépare les deux sources, on obtiendra le cas le plus favorable, désigné sous un nom particulier, celui de portage.
Quand les naturels de l’Amérique ont remonté jusqu’à ses dernières branches un des grands fleuves de cette région, ils prennent leur canot sur leur tête ou le portent à bras, jusqu’à ce qu’ils parviennent aux vallées supérieures du bassin contigu. Ce mode de voyager a fait donner le nom de portage aux intervalles compris entre deux sources voisines, lorsqu’ils sont assez petits, et assez faciles à parcourir, pour pouvoir en quelque sorte transporter un canot de l’une à l’autre. Il y a de nombreux exemples de portages en Europe, même dans les arêtes les plus élevées. Nous citerons la Durance et la Doire ou Doria au col du Mont-Genèvre , le Rhône et la Reuss au passage de la Furca.