DIVISION D’UNE RIDE EN MASSIFS
C’était sans doute une entreprise périlleuse de frayer pour la première fois le passage des hautes montagnes. Tous les cols qui existent le long des lignes de faîte sont loin encore d’être praticables. Par leur existence seule, ces dépressions font du faite une ligne sinueuse , qui s’abaisse et s’exhausse tour à tour. Entre chaque dépression, il existe en effet une sommité.
Toutes ces sommités alignées ressemblent aux grains d’un chapelet. L’arête elle-même offre l’aspect d’une épine dorsale, dont chaque sommet figure la saillie d’une vertèbre, et chaque col ou dépression l’articulation intermédiaire. A ce point de vue on peut encore comparer une ride du globe terrestre à une
DES FORMES DU SOL
chaîne, formée d’une série d’anneaux. Mais cette dernière comparaison est beaucoup moins rigoureuse; et si le mot chaîne ne doit pas être absolument proscrit, il faut se garder cependant d’en faire un terme précis et défini du langage.
Si l’on opère le nivellement d’une ligne de faîte, on trouve donc une ligne sinueuse, comme celle de la figure précédente, par exemple. On passe par une suite de points culminants, que l’on appelle sommets ou sommités, et par des dépressions intermédiaires qui sont les cols. Mais comme les cols répondent en général à de doubles vallées transversales, la masse entière se trouve divisée par tranches. En reprenant la comparaison de l’épine dorsale , à chaque sommet ou vertèbre se trouvent attachées deux côtes transversales.
L’ensemble de la protubérance centrale et de scs deux ailes, de la vertèbre et de la paire de côtes qui s’y rattache, constitue un massif. Souvent ces massifs ont des noms usuels particuliers; d’autres fois les habitants du pays manquent d’un terme spécial pour les désigner. Dans ce dernier cas, nous croyons qu’il est convenable de leur imposer le nom du point culminant lui-même, ou de quelque autre point très-élevé plus connu et plus apparent. Nous trouvons, par exemple , à la suite l’un de l’autre, dans les grandes Alpes, les massifs du Mont-Blanc, du Combin, du Mont-Rosa, etc.
Quant aux branches qui se détachent des deux côtés d’un point culminant, comme les deux côtes qui sont liées à la vertèbre, on les a toujours désignées sous le nom de contreforts. Bruguière a proposé une nomenclature très-simple pour les (jénommer; il leur applique les noms des vallées qui les limitent, joints entre eux par un trait d’union. Par exemple, sur le versant français des Pyrénées, il trouve successivement des contre-forts Teta-Aude, Aude-Arriége, Arriége-Salat, Salat-Garonne, etc.
Ainsi toute ride peut être décomposée en massifs, alternativement séparés par des cols. Chaque massif est accompagné de deux contre-forts, à l’exception toutefois du premier et du dernier massif de la ride, qui sont les éperons, et que l’on