POINTS PHYSIQUES
Maintenant il est évident que l’on pourrait reprendre chaque massif en particulier, le traiter comme une ride séparée, et faire aussi le nivellement de sa ligne de faîte. On partirait de l’extrémité de l’un des contre-forts, on verrait celui-ci s’élever progressivement, en présentant tour à tour des sommets et des cols; ces derniers servent au passage d’une vallée transversale dans la vallée transversale voisine. Puis on parviendrait au point culminant; et l’on descendrait de la même manière le long de l’autre contre-fort. Mais ce travail de détail n’offrirait ni le même intérêt, ni même une égale valeur relative.
En effet, le nivellement de la véritable ligne de faîte nous indique l’importance de la ride et son allure en hauteur. Le nivellement du faîte particulier d’un massif n’est pour l’ordinaire qu’un raccordement facile h prévoir, entre le sommet et les deux pieds des versants. Si ce sommet m est donné, ce qu’il nous importe de connaître encore, ce sont les distances a et b des deux pieds. Mais quant aux lignes un peu sinueuses am, bm, nous pouvons les remplacer, sans erreur importante, par des droites, et leur tracé précis ne nous intéresse que fort médiocrement.
C’est donc la série des points culminants et des cols de la grande ligne de faîte qui doit faire l’objet des premières études. Il est facile de rassembler des milliers de côtes de hauteurs qui se rapportent à toute espèce de points, soit culminants soit intermédiaires. Entre les 4,811 mètres de hauteur du Mont- Blanc et les 578 du lac de Genève, il est bien évident que toutes
DES FORMES DU SOL
les côtes Intermédiaires existent sur les pentes. Mais nous en réunirions deux mille dans cet espace, que notre connaissance de la ride des Alpes n’en serait pas beaucoup plus complète. Il faut savoir choisir les points hauts et bas de la ligne de faîte, les démêler dans les innombrables données des observateurs, et parvenir à les réunir sans lacunes. Nous nommerons ces points les points physiques d’une arête. Cet ouvrage est le premier où le relief des différentes rides de l’Europe sera exprimé de cette manière, par un choix de points déterminés.
ALTITUDE
On peut considérer la hauteur absolue d’un relief ou sa hauteur relative. Cette dernière est très-importante sans doute dans la plupart des cas. Mais il est toujours facile de l’obtenir en comparant entre elles les élévations absolues des deux points que l’on considère. On résoudra donc toutes les questions de rapport, pourvu que l’on connaisse les termes absolus. C’est par conséquent de ceux-ci qu’il faut partir. Or, le point de départ commun et naturel pour toutes les hauteurs mesurées sur le globe terrestre, c’est le niveau moyen des mers. Nous appliquons le nom d 'altitude à ces hauteurs exclusivement.
A la latitude et à la longitude des lieux , qui donnent d’une manière générale leur situation sur le globe, il faut joindre une troisième coordonnée. Celle-ci, l’altitude, se mesure dans le sens vertical, et fournit immédiatement une idée précise du relief sur lequel le point repose.
On peut même adopter quelques expressions qui caractérisent approximativement l’élévation d’une ride. On peut, par exemple, regarder comme basses ou inférieures, les rides dont le faîte n’atteint pas 1,000 mètres ; appeler médiocres ou moyennes celles qui restent entre mille et deux mille ; et réserver la qualification de hautes arêtes à celles qui surpassent ce dernier chiffre. Celles-ci sont déjà peu communes. Mais le relief de certaines sommités d’Europe va cependant à plus