ZONES DE TEMPÉRATURE ET DE VÊCÊTATION
Les méthodes employées pour mesurer les altitudes ne rentrent pas dans notre cadre; on les trouvera dans les traités de nivellement. Le voyageur, qui ne possède pas les moyens de rattacher sans cesse les points de sa route à un nivellement continu, pourra recourir au baromètre, qui lui fournira la mesure de la pression de l’air; ou même au thermo-baromètre, qui lui donnera la température où l’eau entre en ébullition. De l’une ou de l’autre donnée il pourra conclure l’altitude approximative. Quand ces approximations manqueront, il lui restera encore des indices dans les zones occupées par les différents végétaux .
Tout le monde sait que la température diminue à mesure qu’on s’élève; elle baisse, en moyenne, d’un degré centigrade pour 200 mètres environ de hauteur. Telle est la cause qui étend un manteau de glace sur les cimes les plus élevées. Quand il y a 10 degrés dans la plaine, il gèle et parfois il tombe de la neige à 2,000 mètres de hauteur. Le refroidissement augmente sans cesse à mesure qu’on gravit les flancs d’une ride. Les végétaux qui habitent les différentes zones d’altitude s’en ressentent nécessairement. Les espèces varient suivant les niveaux. Il y en a qui ne peuvent descendre jusqu’à la base, parce qu’elles craignent une température douce ou modérée; il y en a qui ne peuvent s’élever au-dessus d’un certain niveau, parce que la rigueur des hivers les y tue.
En général, on peut former sur le versant des rides quatre zones principales, qui sont étagées dans l’ordre suivant : la zone des jardins ; celle des arbres ; celle des pâturages alpins,
DES FORMES DU SOL
dans lesquels ruissellent, comme de fécondes irrigations, les eaux qui proviennent des neiges perpétuelles; enfin la zone des frimas. Nous entrerons dans les détails particuliers, en décrivant les principales arêtes de l’Europe.