ORIGINE DES SÉDIMENTS
Tels sont les différents aspects de la roche endogène, à la surface de l’écorce solide. Mais comme cette roche est bien loin
DE LA NATURE DU SOL
de composer la superficie totale des continents, on est en droit de demander d’où proviennent les autres formations. Sans doute, à l’origine de la solidification, il y eut un temps où la roche endogène formait la surface entière de l’écorce du globe. Elle dut supporter le premier Océan, à l’époque où la vapeur d’eau fut précipitée. Mais à partir de cet instant, les matériaux primitifs de la croûte furent rongés parles érosions, et attaqués plus efficacement qu’ils ne le sont aujourd'hui , à l’aide des acides qui existaient encore en liberté dans l'Océan. D’ailleurs, les dislocations successives de l’écorce émergeaient tour à tour certaines parties de la croûte ; et chaque fois les eaux devaient s’écouler des masses redressées, en y faisant de gigantesques ravages.
Tout atteste, dans la structure du globe, les traces de ces révolutions. Les parties granitoïdes qui constituaient soit le lit de la mer, soit les premières îles, ont subi, du séjour et des mouvements de la mer, une empreinte profonde. Ou pourrait comparer ces effets à une démolition superficielle.
Mais si les eaux rongent et nivellent les parties saillantes, elles comblent les parties creuses. On retrouve donc dans les fonds de bassins tout ce qu’elles ont arraché sur les crêtes. Elles minent encore aujourd’hui leurs rivages; elles rabaissent et rongent les sommités; mais en même temps elles déposent au fond de leur lit un limon mêlé de silice et de calcaire, où les dépouilles de tous leurs animaux s’enfouissent au furet à mesure de leur mort.
Le dragage constate suffisamment ces faits pour l’époque actuelle. Combien l’énergie de cette action devait être plus grande, quand l’Océan était encore formé d’une eau acidulée et presque bouillante; et surtout dans les mouvements impétueux que lui communiquaient les soulèvements!
C’est donc de la roche endogène que tous les autres matériaux solides de nos terrains proviennent. Seulement ils ne sont pas toujours de première main, si l’on peut parler ainsi ; quelquefois ils ont été désagrégés, transportés par les eaux et reconstitués ailleurs de bas en haut comme des maçonneries. Ils