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CHAPITRE III

bien grande importance parleur étendue. Ils se réduisent à de petites croupes, aussi sombres par le sol que par le feuillage, entrecoupées d’accidents, mais sans superficie considérable.

BOCHES VULCANIENNES.

Le fer, en augmentant toujours dans les rocbes, leur donne à la fois une teinte plus foncée et une pesanteur spécifique plus grande. Il colore en brun ou en noir presque toutes les roches vulcaniennes. Une fluidité plus prononcée distinguait ces roches au moment de leur effusion. L’excès d’acide siliciquey a presque entièrement disparu : il reste seulement un mélange de silicates. La masse est homogène , et n’offre qu’une cristallisation confuse, à peine comparable à celle de nos pains de sucre blanc. S’il existe dans la pâte quelque cristal accidentel , il n'est pas contemporain de la masse générale comme les cristaux feldspathiques des porphyres; il est le résultat d’une action particulière, qui n’a pas été nécessairement simultanée par rapport à la cristallisation commune.

Il y a aussi trois genres distincts de roches vulcaniennes. Le premier est celui des roches trachyliques , ainsi nommées à cause de leur rudesse et de leurs aspérités. Ce sont des pâtes siliceuses et feldspathiques compactes, entremêlées de feldspath albite. Les trachyles se voient dans toute leur pureté au Drachenfels sur le bas Rhin, au mont Dore en Auvergne. Us constituent des contrées entières en Hongrie et dans les autres parties orientales de l’Europe.

Les roches basaltiques contiennent du pyroxène, et correspondent par conséquent aux porphyres noirs, comme les trachytes correspondaient aux porphyres rouges. Ils ont aussi une base feldspathique, à laquelle s’allient les pyroxèn^s, les amphiboles et l’olivine ou péridot. Toutes ces substances sont des silicates complexes de chaux et de magnésie, ou de chaux et de protoxyde de fer. Non-seulement la chaux mais la soude augmente aussi dans ces roches, par le feldspath labradorile

DE LA NATURE DU SOL

qui entre dans leur mélange, et qui renferme cet alcali parmi ses bases. 11 existe des masses basaltiques qui peuvent servir d’exemple, dans la Hesse, à Thueys dans la vallée de l’Ardèche, à la coulée de Charade en Auvergne, en Écosse, au lac Balaton.

Enfin les roches laviques comprennent les produits actuels des volcans. Ce sont des pâtes silicatées à base d’alumine et de chaux ou d’alumine et de soude, contenant des cristaux de pyroxène, plus rarement d’amphibole, et parfois du péridot ou du mica. Ainsi nous arrivons au terme de la série sans rencontrer de caractère véritablement nouveau. Toutes les roches de cristallisation sont toujours des silicates, formés sur un petit nombre de bases principales, qui changent dans leurs proportions, comme les sels eux-mêmes varient dans leurs associations. Mais si nous devons voir dans ces roches des produits du noyau liquide, nous trouvons en effet dans toutes les mêmes caractères généraux, dans quelque lieu du globe terrestre et à quelque époque de l’histoire de la planète qu’elles se soient épanchées. L’assimilation que nous faisions précédemment du noyau lui-même et des roches granitoïdes n’était donc pas dénuée de fondement.

PAYS VÜLCAN1ENS.

Les roches vulcaniennes ont coulé. On suit sur le terrain le traces de leurs ruisseaux autrefois incandescents. On retrouve dans les plaines les nappes étalées qu’ont formées leurs inondations. Entre les joints des autres roches, leurs masses se sont introduites et élevées de vive force. Plus solides que les parois du moule, elles ont subsisté après la destruction de celui-ci ; elles demeurent encore en murailles de couleur obscure, représentant sur une grande échelle les bavures de nos pièces moulées. La Bohême est couverte de plateaux vulcaniens, et souvent entrecoupée de semblables murailles, que l’on nomme dykes. D’autres fois, la matière pâteuse s’est amoncelée sur l’ouverture d’éjaculation, comme au Puy-de-Dôme.

Au fur et à mesure de la consolidation, le retrait des roches vulcaniennes les divise par des joints perpendiculaires à la surface de refroidissement. Ainsi les nappes étendues dans la plaine se disloquent en prismes verticaux , qui affectent une certaine régularité. On dirait la masse composée de milliers de fûts de colonnes prismatiques. La division des basaltes par prismes à six pans est surtout des plus frappantes. Lorsqu’une pareille masse est démantelée par les mouvements généraux de la croûte du globe, les prismes, dont on ne voyait jusqu’ici que les têtes juxtaposées, paraissent par la hauteur, au flanc des crevasses.

Rien n’est donc plus pittoresque qu’un pays volcanisé. Des coulées , des rochers prismés , des colonnades naturelles , les murailles minces et noires des dykes, l’entrecoupent de toutes parts. Les cirques, les cratères éteints ou actifs, communiquent un aspect caractéristique à la contrée. Autour des protubérances, dans les parties creuses, des débris toujours plus petits, légers , poreux , qui finissent par se réduire en une espèce de cendre, forment des remplissages unis. La désagrégation des terrains vulcaniens, la finesse de leurs détritus, jointes à leur richesse en sels de soude et de potasse, font des plaines de ces contrées de très-riches jardins. Le sol obscur des reliefs et sa surface nue ont quelque chose de sévère; mais la végétation enveloppe les masses sombres.

Les ruisseaux coulent au pied des colonnades et des escarpements prismés. Les routes passent sur la tête de ces champs de colonnes, et franchissent les dykes pittoresques et les coulées antiques. L’homme construit ses habitations et ses édifices avec une lave sévère, dont l’aspect est malheureusement trop dur et trop sombre. Mais il trouve, au pied des mamelons volcanisés, un sol fertile et de riches produits.

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