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ROCHES SILICEUSES

Les roches siliceuses sont essentiellement composées d’acide siliciquc. Elles présentent divers degrés de désagrégation et de cohérence. Elles commencent par les sables, dans lesquels la silice est à l’état pulvérulent. Une simple loupe suffit pour reconnaître que les sables se composent d’innombrables cristaux prismatiques bipyramidés. Malgré les accidents auxquels ils ont été soumis dans le cours des siècles, ces petits cristaux n’en conservent pas moins leur figure générale, protégés comme ils le sont par leur mobilité même. On les trouve tout au plus émoussés quelquefois, sur leurs pyramides terminales ou sur leurs arêtes. Les plus fins des sables sont connus sous le nom de tripoli. Dans l’état de pureté les sables sont toujours blancs; mais l’oxyde ou l’hydrate de fer les colorent souvent en rouge ou en jaune. Les infiltrations ferrugineuses agglutinent parfois les particules de silice, et donnent ainsi naissance à des tufs. Toute matière capable de servir de ciment aux particules arénacées réunit celles-ci en masse cohérente , qui quelquefois ne se désagrégé que sous de puissants efforts.

Peut-être même suffit-il de la simple cohésion des particules juxtaposées, pour produire l’adhérence de tous ces petits cristaux entre eux, et pour transformer les bancs sableux en bancs de grès. C'est le grès, en effet, que le sable fournit par son agrégation. Dans plusieurs langues étrangères, et même dans le langage de nos campagnards, les grès s’appellent du nom expressif de « pierres de sable. » Les grains des roches grésiformes sont plus ou moins étroitement liés. 11 y a des grès très-friables, qui se réduisent en poussière sous le simple frottement du doigt. Il y en a d’autres d’une plus grande ténacité, comme celui de Fontainebleau ou comme le grès de nos houillères. Les grès sont généralement employés au pavage des chemins; et l’on recherche naturellement pour cet objet les qualités les plus résistantes. Quand la couleur des pavés passe

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au brun ou au rougeâtre, c’est encore le fer oxydé qui leur communique cette teinte.

Il y a donc des grès fort durs, et d’un grain siliceux fort fin. Mais si l’agrégation a encore été poussée plus loin, la matière silicique fait facilement feu au briquet, et ne présente qu’une texture remarquablement fine et unie. La roche forme alors les silex proprement dits. Les pierres à fusil blondes ou noires et les pierres dont on tire les meules appartiennent à ce dernier genre.

Au contraire quand les éléments constituants sont des fragments de roches de toute grosseur, agglutinés par un ciment, ces matériaux composent les conglomérais. Des substances non siliceuses peuvent y entrer, ou même en constituer la masse principale. Mais les conglomérats se rattachent essentiellement aux grès par leur texture. Telle est nommément la grauwacke des terrains anciens.

Beaucoup de matières qui proviennent directement de la désagrégation des roches ignées, et qui n’ont été que peu ou point décomposées, se retrouvent çà et là dans les sables, ou dans la pâte des grès. Tels sont les paillettes du mica, les points verts du silicate ferrique, les grains noirs et fins de l'amphibole. C’est ainsi qu’il y a des grès micacés, qui semblent couverts de petites écailles, et des sables fortement colorés en vert.

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