CHAPITRE III
conlraire, moutonnent leur surface sous forme de dunes. La poussière s’élève par tourbillons de ces plages monotones, où l’absence de végétation facilite encore le déplacement des particules. Aussi c’est aux grandes étendues de sables que les déserts appartiennent. Le Sahara, l’Arabie, une partie de la Perse, sont formés de sables éclatants, que ne fixe aucune plante. On voit de ces déserts, sur une petite échelle, aux environs du Mans et dans la Suisse saxonne. Les eaux pluviales, en pénétrant par les interstices, ne laissent aucune trace d’humidité à la superficie. Non-seulement les végétaux ne trouvent pas d’eau, mais le sol, formé d’un seul élément minéral, et dépourvu de sels de soude et de potasse, ne leur offre qu’une nourriture insuffisante. Les plantes clair-semées, les graminées roides et ramassées qui parviennent à y croître, sont réduites à pomper l’humidité de l’atmosphère par les pores de leur feuillage. Leurs organes sont chargés d’une poussière sablonneuse qui les étouffe. Celte poussière filtre à travers les ouvertures les plus étroites, jusqu’au sein des habitations.
A la nature pulvérulente et à l’aspect dénudé de ces terrains, se joint l’éclat brillant de leur surface. Si la silice est pure, le sol est d’une blancheur éclatante. L’air s’échauffe outre mesure dans les couches inférieures, voisines de ce terrain réfléchissant. Alors se produit le phénomène du mirage, déjà décrit par Diodore, et que l’on peut souvent apercevoir sur les bords mêmes de la mer du Nord. De réchauffement local de l’air résultent ensuite des tempêtes et des vents furieux, qui bouleversent les dunes et modifient l’aspect du pays.
Ce que nous disons des sables s’applique en partie aux formations de grès, surtout quand ceux-ci sont friables. Alors, en effet, leur superficie n’offre qu’une masse pulvérulente, désagrégée. Quelquefois les grès sont plus durs; les crevasses les ont fendus comme des murailles. Mais la cohérence des différentes assises étant inégale, les parois verticales sont souvent rongées par le temps à des degrés inégaux, ce qui donne à ces formations l’aspect d’une muraille en ruine, ou plutôt terminée par des pierres d’attente.
DE LA NATURE DU SOL
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Des cours d’eau médiocrement encaissés sillonnent les surfaces arénacées; ils se terminent, comme le Nil ou le Rhin, par des deltas sablonneux. Les côtes sont basses et unies ; les cartes géographiques nous les montrent rectilignes ou faiblement contournées, sans saillies accidentées et sans anfractuosités. Telles sont les côtes de la Flandre et celles de la Gascogne. Mais si ces rivages sont bas et protégés tout au plus par une chaîne de dunes littorales de 12 à 15 mètres d’élévation , ils sont en revanche difficilement abordables. La mer n’a pas assez de profondeur pour les gros navires, dans le voisinage de la côte. Il faut recourir au chenal d’un grand fleuve, comme la Gironde ou l’Escaut, pour trouver des points accessibles.
Dans les pays purement arénacés, l’absence de végétation écarte les hommes. C’est seulement par des efforts infinis, et à l’aide d’engrais abondants, que l’on parvient à établir l’agriculture. Ces sites sont donc à la fois tristes, pauvres, dépeuplés. Jetons les yeux sur la Campine et sur le pays de Juliers, qui en fait la suite. Mais s’ils offrent peu de ressources à l’homme fixé, ils ne présentent pas un seul obstacle au tracé des routes.