LETTRE DE M. ALPH. DE CANDOLLE
AU SUJET DES BOURSES DONT JOUISSENT A GENÈVE LES ÉTUDIANTS EN THÉOLOGIE FRANÇAIS.
Genève, 10 août 1872.
Monsieur,
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt vos articles du Journal de Genève sur le Synode, et je suis bien aise de savoir que vous en préparez une édition séparée.
Cette publication m'engage à vous signaler une erreur qu'il vaudrait peut-être la peine de corriger en supprimant quelques lignes, ou par une note additionnelle. On a dit dans la discussion que les bourses allouées à des Francais, étudiants en théologie à Genève, viendraient d'une fondation faite par des protestants français ou d'origine française. Etant moimême d'une famille de réfugiés du séizième siècle, j'ai été curieux une fois de connaître précisément l'origine de ces fonds sur laquelle on est mal renseigné, même à Genève. Dans cette idée, je m'étais adressé à mon ami et collègue le professeur Choisy que je savais s'occuper de l'affaire et qui était un homme parfaitement exact et véridique. 11 me répon-. dit de la manière la plus positive : « J'ai tenu entre mes mains « las lettres par lesquelles des personnes généreuses, dans le « siècle dernier, avaient fait passer à Genève des sommes plus « Où moins importantes qui ontservi d'abord à secourir des mal- « heureux protestants français mis aux galères, ensuite à fa- <ciliter l'éducation de jeunes ministres et à d’autres dépenses «utiles au protestantisme français. Ces lettres étaient signées « par des Anglais. Il y avait souvent des dons indiqués comme « faits par la reine Anne, sur sa cassette particulière, » Autant qu'ilm'en souvient, M. Choisy mentionna aussi des dons