CORDIER
Leavington ... . . . 1 . 500
Perretti 1 800
MM. Théophile et sou personnel . 4 500
LUIGINI 1 000
Gravier régisseur 780
Chœurs .. 6.805
Orchestre 8.740
Employés et contrôle 6.200
Avec les traitements des emplois secondaires on arrive à un total de 69,000 francs par mois, charge excessive.
Il est vrai que de mauvaises langues prétendaient que des contre-lelties réduisaient sensihlement ces chiffres ronflants.
Faits divers. — Quehjues faits divers sont à signaler pour
la saison 1883-1884.
M. Pezzani fut autorisé par le Conseil municip.il à louer et installer un matériel de projections électriques.
La Ville décida également de poser aux deuxième et troisième galeries des strapontins se relevant automatiquement et de faire numéroter toutes les places.
Le magasin de décors qui existait rue Nationale, dans l'aucienue église des Cordeliers, fut transféré dans une des vastes galeries de la Haute-Vieille-Toui-.
Enfin, le bureau de location fut relié au réseau téléphonique.
Tarif des populaires. — Le cahier des charj^es obligeait le Directeur à donner une fois par mois une représentation lyrique à moitié prix pour les places dont le prix variait entre 2 fr. oO et 0 fr. 60. La direction consentit à réduire ce jour-là le prix des autres places dans les proportions suivantes : 1 franc pour celles de 3 fr. 50, 1 fr. 50 pour celles de 4 fr. .^0 et 2 francs pour celles de 6 francs.
On regretta généralement que le prix de toutes les places sans exception ne fut pas abaissé de moitié, ce qui advint d'ailleurs par la suite.
DIRECTION OLIVE LAPON Année théâtrale 1884-1885.
Dès le 16 janvier 1884, c'est-à-dire quand le danger créé par la cessation de paiements de M. Pezzani avait été conjuré, la municipalité avait fait publier l'avis de vacance de la direction.
Cinq candidatures se produisirent, dont deux seulement furent maintenues : celles de AL Pellin, ancien directeur des théâtres d'Angers, et de M. Olive Lafon, directeur du grand théâtre de Genève.
Ce fut ce dernier qui l'emporta et qui fut nommé Directeur pour l'année 1884-1885.
Quelques modifications avaient été apportées au cahier des charges.
Le Directeur n'était plus tenu de monter qu'un opéra ou un opéra-comique nouveau, au lieu d'une œuvre de chaque genre.
Le supplément de location était fixé à 0 fr. 50 pour les places de 3 fr. 50 et au-dessus, et à 0 fr. 10 pour les places de 2fr. 50 et au-dessous.
Enfin, on donnait au Directeur le droit de jouer l'opérette, mais avec des troupes dites parisiennes, composées d'artistes de choix et en dehors des jours réglementaires indiqués à l'article 7.
Cette dernière clause fut l'objet d'une vive discussion au sein du Conseil municipal. M. Olive Lafon y renonça d'ailleurs, de son propre mouvement, par une lettre du 31 mars 1884.
Saison lyrique. - La saison commença le 28 septembre, par Les Monsqui'tairi'!< de la Heine. La période de débuts fut particulièrement mouvementée et donna lieu à des incidents qui méritent d'être relatés sous une rubrique spéciale.
Avec bien du mal, la troupe fut enfin constituée définitivement le 3 janvier 1885, de la manière suivante : MM. GuiLLE DE Saint-Simon, chef d'orchestre; Lemarié, deuxième chef d'orchestre; Ben-Aben, régisseur général ; Eyraud, fort ténor;
MM. Barbe, ténor léger;
Cahannks, (leuxième ténur;
Albeut, bfiryloii tle grand opérfi :
HuGUET, baryton d'opéra-coniique;
Saint-Jean, basse noble;
Dauphin, basse cbautante,
JoiNissE, deuxième basse;
Ometz, trial ;
BoL'LAND. laïuelte ; jyjmes Leroux, forte chanteuse falcou;
LowRENTz DuQUESNE, cliauleuse légère de grand opéra;
Seveste, chanteuse légère d'o[)éra conii(iue;
Privat-Huguet, contralto;
DoRSAY, première dugazon;
BouLAND, deuxième dugazon;
Gayet, duègne; M. Théophile, maître de ballet, premier danseur; ^[mes Telloh, première danseuse noble;
Carabelli, première danseuse demi-caractère. On voil que, à peu d'exceptions près, M. Olive Lafon avait complètement renouvelé sa troupe.
Réperloire. — 39 œuvres furent reprises pendant la saison
Les suivantes avaient déjà été représentées depuis 1882 :
L'A frirai Ht' (\). Lrs Hufjnenots (i).
Le Barbier de Sévillr C-i). La Juive il).
Bonsoir Mormieitr Pantalon (Ij. Lucie de Laniniernioor (l).
Carmen (h). Le Maître de riiapelte (II).
Le Chalet (N). Mignon (5).
Charles M (i). LesMonsqnetairesdr la nriiir(\).
La Danir Blanche (l) Le Pré-an.r-Clercs (■>).
Le Domino noir (fi). Rifjoletto (ii).
Les Draifons de Villars (It). I{obert le Diable (3).
Faust (5). Si j'étais Uoi (7).
La Favorite (4). Le Sonç/e d'une nuit d'été (?,).
La Fille dn Béij'unent (1). Le Sourd on l'.iiibenie jilrine (H).
Calathée (|). Jm Traviata (i).
Ciiillainne Tell ([). Le Trouvère ((>).
Hamlet (10). Le Voyage en Chine (fi).
Ilaydée (1).
Notons que le 6 février 1885, M™'' Galli-Marié tint avec succès le rôle de la Carniencita qu'elle avait créé à l'Opéra-Coinique le 3 mars 187o. Si la voix avait perdu un peu de sa puissance, le jeu atleij^nait la perfection nièine. Cette artiste, disons le en passant, avait fait partie de la troupe du Théâtre-des-Arts, pendant la saison 18621863.
Les huit œuvres suivantes étaient reprises pour la première fois. Nous donnerons donc la date de leur création sur l'ancien Théâtre :
Uoiisoir T'o/,s(/( (8). La Muette de Vortici (5).
(11 février 1863). (28 février 1829).
Le Caïd (7). Les Noces de Jeannelle (7).
(8 février 1830). (2o décembre 1833).
Le Docteur Cris])in (13). Roméo et Juliette (3).
(18 décembre 18fio . (19 mars 1875).
Ernani (10). . /.'' Toréador (o).
(8 avril 1863). (26 août 1850).
Nouveautés. — M. Olive Lafon avait présenté et fait accepter comme œuvre nouvelle Etienne Marcel, grand opéra en 4 actes et 6 tableaux, de Louis Gallet, musique de Cannlle Saint-Saëns. La première représentation eut lieu le 26 mars 1885, en présence du compositeur qui fut vivement acclamé, et avec la distribution suivante : MM. Eyraud (Robert de Loris), Albert (Etienne Marcel), Saint-Jean (Maillard), Huguet (Eustache), Dauphin (le Maréchal de Clermont), M^es Leroux (Béatrix), Privat-Huguet (le Dauphin). L'orchestre, les chœurs et le ballet complétaient une excellente interprétation et l'œuvre eut neuf représentations.
Une autre ouivre fut montée cette année-là, Jeanne Maillotte, grand opéra (îu 4 actes et 5 tableaux, de A. Faure, musique de Reynaud, chef de musique du 74' de ligne. Elle n'eut (ju'un succès relatif, car elle ne fut donnée ([ue les 18 et 20 avril 1885, avec de faibles recettes, et ue fut jamais reprise.
Incidents. — La période des débuts fut particulièrement mouvementée cette année-là.
La première soirée avait marché sans encombre, les altistes qui chantaient dans Les Monsqaefaires de la Heine ayant produit une bonne im|)ression, mais il n'en alla pas de même le lende-
main pour les débuts de la troupe de grand opéra dans Lca fhiguenots. Quelques applaudissements intempestifs après la romance « plus blanche que la blanche hermine », rendirent la salle houleuse, les artistes se troublèrent et M^^ de Lido qui tenait le rôle de la reine Marguerite, fut forcée de résilier son engag-ement dès le deuxième acte sans même avoir pu terminer son air d'entrée.
Ce fut quelques jours après le tour de M. de Lestrac, chef d'orchestre, de subir les eiïets de la tempête. Après quelques défaillances de l'orchestre dans Le rrourère, sa résiliation fut bruyamment réclamée et obtenue, d'ailleurs, séance tenante.
Un autre tumulte plus violent encore que les premiers, fui provoqué par l'admission, prononcée par le commissaire de police, de M^e Marguerite Mineur, qui eiïectuail son troisième début dans Lucie. L'opposition ne désarmant pas, quelques siflleurs furent expulsés par la police, mais l'artiste dut néanmoins abandonner la place.
Mais tous ces incidents furent éclipsés par les scènes qu'occasionna le fort ténor Montbert. Celui-ci, après avoir effectué ses trois débuts dans Les Hwjucnols, Le Trourère et La Juke, avait été déclaré admis, malgré une certaine opposition, qui se manifesta de nouveau aux représentations de La Fawrite et de CuilUiuitic Tell. Cette dernière fut tellement mouvementée qu'il était facile de prévoir un orage prochain. 11 éclata le 5 novembre à une autre représentation de Guillaume Tell qui fait époque dans riiistoire du Théàtre-des-Arts. Le premier acte n'était pas achevé à 10 heures et demie, et la passion était telle qu'un abonné continuait à sifïler alors que plusieurs agents le soulevaient en l'air pour procéder à son expulsion. Finalement, M. Montbert se décida à résilier, mais son nom survécut : pendant bien longtemps, l'année théâtrale 1884-1885 fut désignée sous l'appellation de saison Montbert. Cette soirée scandaleuse se termina d'une façon bizarre : la direction donna Le Maître de ('hiii)ctle, en guise de (luatrième acte de Cmllaiime Tell. Les trois épreuves réglementaires furent fatales cette annéelà à deux forts ténors, un baryton de grand o|)éra. trois chanteuses légères, une dugazon, deux danseuses nobles et trois danseuses demi-caractère.
Représentations an profit des Hospices. — Elles eurent lieu le 10 décembre 1884 (Recette : 1728 fr. 05), et le 14 mars 1885 (Recette : 1205 fr. 95). La preuiière comprenait un spectacle coupé, à la seconde on jouait L'Alricaine.
Représentations extraordinaires pendant la saison. — Le bi-centeiiaire de la mort de Pierre Corneille fut l'occasion de deux solennités fort importantes au Théàlre-des-Arts, les 11 et 12 octobre 1884.
La première soirée se composait cV Horace, interprété par jVime Dudlay, MM. Maubant, Mounet-Sully, Silvain, Laroclie, Villain, M^^s Martin et Fayolle, et des 1'', 2^ et 3e actes du Menteur, avec MM. Got, Delaunay, Maubant, Baillet, M^^^s Croisât, Fayolle, Martin et Kalb. Le couronnement du buste de Corneille fut accompagné de stances de Sully-Prudbomme, déclamées par Mounét-Sully que Francisque Sarcey malmena vigoureusement en l'accusant de n'avoir lien compris aux vers du délicat poète !
La seconde soirée comporta un à-propos en vers d'Emile Moreau : Corneille et iHchelieu, puis Le Ciil, avec MM. Maubanl. Mounet-Sully, Silvain, Martel, Villain. Baillet, M^es Dudhiy, Fayolle, Amel, Rosa Bruck.
A l'occasion d'une tête organisée le 20 octobre par la « Société des Sauveteurs Hospitaliers Bretons », le public, après avoir écouté une conférence émue du Président de la Société, M. Nadault de Bufïon, un aveugle d'un i^rand cœur, assista à un concert dans lequel il applaudit son ancien ténor favori, Poultier, alors âgé de près de 70 ans, qui avait fait les délices de nos aînés, et une charmante enfant, Biana Duhamel, qui devait devenir une étoile parisienne ; le passé et l'avenir!
Le 24 février 1885, le Comité des Fêtes de Bienfaisance donna au prolit des pauvres, un grand concert aucpiel prirent part l'orchestre des Concerts Lamoureux, conduit par son chef éminent, M™» Brunet Lafleur et M. Van Dyck qui chania des fragments de Lohenijrin et de Velléda.
N(jtons enfin la présence à une partie de la représentation de Hoiiii'o et Juliette, de Ferdinand de Lesseps, venu à Rouen le 5 mars 188."1 jtour assister à l'inauguration du nouveau fjuai auquel le Conseil municipal avait donné son nom. N'insistons pas d'ailleurs sur ce sujet pénible.
Représentations ayant précédé la saison lyrique. —
M. Olive Lafoii ayant obtenu la jouissance du Théàlre-des-Arls à dater du IG mai 1884, organisa quelques représentations avant la saison lyrique et donna ainsi :
Le samedi 7 juin, avec M^i^ Gilherte, des BoulTes-Parisiens, Fusier, du l^ihiis-Royal, etc., un spectacle-concert qui eut semblé mieu.x à sa |)Iace sur une autre scène;
Les 20 et ±± juin, Scnn-o Torrlli, de François Coppée, avec une bonne interprétation eu tète de laquelle on remarquait : MM. Albert Lambert père et fils qui obtinrent un éf^al succès le 21, dans Unij-Blas.
Enfin, le 11 juillet. Co(iuelin cadet, (\u\ paraissait dans trois petites pièces, remporta comme toujours un grand succès dans ses monologues.
Conférence. — Le Comité rouennais de la Ligue des Patriotes organisa le 5 mai 1885, une conférence faite par M. Autié, avocat à Paris, et un concert auquel prirent part ; Mines Privat-Huguet et Seveste, M. Huguet, la Société Boieldieu et la musique du 74« de ligne, Li recette était destinée aux blessés de la guerre du Tonkin.
Recettes. — Elles s'élevèrent :
Pour la saison lyrique à 248.(>G3f.oo
Pour les représentations données en juin et juillet 1884 5.065 40
Total 254. 328 f. 95
Les plus fortes recettes eurent lieu le 6 février, jour où (ialli- Marié cbanta Cdmirn (4,800 francs), et le 29 septeml)re, date de la représentation des Ifni/iicnDts. servant de débuts à la troupe de grand opéra.
DIRECTION OLIVE LAPON Année théâtrale i885-i886.
La concession de M. Olive Lafon devant prendre lin le 15 mai 1885, la Commission municipale avait décidé au mois de décembre précédent de n'apporter au cahier des charges qu'une seule modification consistant à majorer de 50 centimes le prix des fauteuils et des stalles de parquet, et de laisser à chaque postulant le soin d'indiquer les améliorations qu'il croirait devoir réclamer.
Dès l'avis de la vacance, cinq candidatures se produisirent, et la Commission des Théâtres après avoir entendu les postulants, présenta au choix du Conseil municipal, en première ligne M. Gravière, directeur du Théâtre de Genève', en seconde ligne M. Olive Lafon,
M. Gravière demandait la réduction de sept à six mois de la durée de la saison lyrique.
M. Olive Lafon acceptait le maintien de la saison à sept mois et l'emporta ainsi sur son concurrent.
Le Conseil municipal admit les desiderata de M. Lafon qui peuvent être résumés comme suit :
Durée de la concession : deux campagnes, 1885-1886 et 1886- 1887, ou l'une d'elles seulement, moyennant préavis donné avant le 31 décembre ;
Le prix des fauteuils d'orchestre et de balcon était augmenté de 50 centimes. Par contre, celui des loges d'avaut-scènes et des loges de face était diminué du môme chiiïre.
Le Directeur était autorisé à donner des représentations de comédie, en tiehois du nombre obligatoire de représentations lyriijues. 11 devait monter pendant la saison un opéra ou un opéra-comique pris parmi les œuvres capitales n'ayant pas été représentées à Rouen depuis vingt ans.
Knfin. la subvention était versée par fractions mensuelles sur la justilication du paiement de tout le personnel.
Saison lyrique. — La saison lyrique commença le l^r octobre avec Faust.
La période de débuts fut excessivement longue puisqu'elle ne se termina que le lo mars, mais elle fut assez calme et ne donna pas lieu aux mêmes incidents que l'année précédente.
Quelques emplois furent particulièrement difficiles à pourvoir: celui de baryton d'opéra-comique où échouèrent quatre artistes, celui de chanteuse légère (ro[)éra-C()mique dans lequel se produisirent cinq débutantes avant M™*^' Ambre, et enfin celui de la duègne.
La troupe se trouva enfin constituée comme suit : MM. Warnotz, chef d'orchestre ;
Isaïe DE ToNTOR, deuxième chef d'orchestre ; LiGNEL, régisseur général ; MiNviELLK, fort ténor ; Mauras, ténor léger ; Cabannes, deuxième ténor; GuiLLiEN, baryton de grand opéra ; Lourde, baryton d'opéra-comique ; PoxsARD, basse noble ; Bonhivers, basse chantante ; Vandamme, deuxième basse ; Barbary, trial ; Quentin, laruelte ; Mmes Baux, forte chanteuse falcon ;
Sani, chanteuse légère de grand opéra ; Emilie Ambre, chanteuse légère d'ojjéra comi(jue ; Balensi, contralto ; DE Villeraie, première dugazon ; Barbary, deuxième dugazon ; Dobbelaere, duègne ; M. d'Alessandri, maître de ballet, premier danseur; \(mes d'Alessandri, i)remière danseuse noble;
Garabelli, première danseuse demi caractère. Le public retrouvait avec satisfaction deux artistes ayant appartenu à la troupe en 1882-1883 et 1883-1884, M"i« Baux et M. Ponsa rd.
Répertoire. — Pendant la saison trente trois ouvrages furent repris, dont vingt-iiuit avaient déjà été représentés sur la nouvelle scène, savoir :
L'Africaine (7).
Le Barbier de Sérille (3).
Carmen (7).
Le Chalet (6).
La Dame Blanrhe (2).
Les Draf/nns île Villa rs (6).
Faust (6).
La Favorite (10).
La Fille du Uéfiiment (7).
Fra}iroi>ie de liiiiiiiii (4).
Gala t liée (2i.
(jui lia unie Tell ((i).
Hamlet (3).
Mandée (1).
Les Hujjuenota (9).
La Juive (10).
Lucie de LMmniermnor (3).