‹ Histoire du travail à FlorenceChapitre 28 sur 29 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Parmi les corporations cju'ilnous reste à passer en revue, j'entends celles qui ont un caractère presque purement intellectuel, ce qu'il y a peut-être de plus remarquable est ce qui ne s'y trouve pas. On chercherait en vain une grande corporation enseignante ; j'ai déjà dit pourquoi (1) ; dans cette ville plus active que méditative, plus vivante que savante, plus occupée des choses du moment que des choses du passé, la culture désintéressée de l'esprit attirait peu les gens et il est à remarquer que le haut enseignement, malgré des essais plus tardifs, ne réussit pas à s'y implanter de façon durable.

Le fait qu'il n'exista point d'Université permanente à Florence explique que l'industrie du livre ne s'y soit point développée puissamment.

(1) Chap. VII.

Elle commençait pourtant à se faire une place. Elle avait été d'abord, comme tant d'autres, entre les mains des clercs ; mais elle se laïcisait en se tranformant. La copie des manuscrits, surtout la composition des chroniques, sortaient peu a peu des cloîtres ; la plume, dès le huitième siècle, se substituait au roseau pointu et au pinceau dont se servaient les anciens; les ouvrages, enjolivés de majuscules dorées et de rubriques , c'est-à-dire de titres et d'en-tête écrits à l'encre rouge, s'illustraient souvent de miniatures, qui étaient un apprentissage de la peinture. Les rouleaux étaient remplacés par des feuillets^ que l'on cousait et serrait entre deux planches de bois, de cuir, de métal ; bientôt on les insérait dans un dos mobile et on les enveloppait d'une courroie ; puis les feuillets étaient collés au dos qui devenait fixe ; la courroie se changeait en fermoir, et c'était le commencement de la reliure. Il n'est pas impossible qu'elle ait subi l'influence des Arabes, qui savaient relier leur Coran en maroquin doré et gaufré. Quant aux livres, cuirassés et caparaçonnés comme des chevaliers, ils étaient le plus souvent peu aisés à transporter; dans les bibliothèques des couvents, ils étaient installés sur des pupitres tournants, et, si parfois on les enchaînait, il semble que ce fût, non point pour les protéger contre un vol, invraisemblable, vu leur masse, mais plutôt pour que nul ne fut tenté de les déplacer ou exposé à les faire toml^er. La chute d'un de ces volumes était en effet périlleuse ; Pétrarque fut blessé à la jambe par un de ces engins

formidables, qui était vêtu de bois et armé de coins et de fermoirs en cuivre.

Ces livres étaient, d'ordinaire, écrits sur parchemin ; et ce fut la façon de plier la peau qui donna naissance aux difïérents formats ; en deux, c'était l'in-folio ; en quatre, c'était l'in-quarto. Le moyen âge ne connut guère de format plus petit. Les livres demeuraient quelque chose de solennel, de majestueux, d'imposant. Mais, en ce domaine aussi, un changement s'opérait. On écrivait beaucoup, des chartes, des diplômes, des contrats, des actes notariés de toute espèce. La production du parchemin ne suffisait plus à la consommation : on sait que souvent d'antiques manuscrits furent grattés pour recevoir un nouveau texte. Mais ce n'était pas encore assez. Le papyrus, lui aussi, était rare. Alors, dès la fin du dixième siècle, on voit apparaître dans le midi de l'Europe du papier de soie et de coton venu de l'Extrême-Orient. 11 y fut, d'abord, mal accueilli; on le trouvait trop fragile. Une ordonnance de l'empereur Frédéric II prescrivit de recopier sur parchemin les actes confiés à ce papier trop éphémère. Mais elle eutun sort commun à beaucoup d'autres ordonnances ; elle fut mal exécutée. Et le papier de coton, de soie, voire de chifîe ou de linge, se répandit dans toute la chrétienté. Les premières fabriques européennes où on le produisit paraissent s'être créées dans l'Espagne musulmane. On montre encore à l'Escurial un document sur papier que l'on croit être du onzième siècle. Il est certain qu'à la fin du treizième, en France et

en Italie, le papier de chiffon est d'usage courant, et l'on peut remarquer à ce propos combien il faut d'inventions différentes et convergentes pour rendre possible une grande innovation : l'existence d'un papier peu coûteux et facile à multiplier était un des facteurs nécessaires à l'apparition de Pimprimerie.

A Florence, l'industrie du livre traverse obscurément les phases que nous venons de résumer. Elle se laïcise assez vite. Dès 1209, tandis qu'auparavant les moines étaient obligés de préparer eux-mêmes les peaux sur lesquelles ils écrivaient, il existe dans la ville un corps spécial de parcheminiers. Il faisait partie de la corporation des medici, speziali e merciai, ainsi que les vendeurs de papier et les relieurs auxquels défense expresse était faite de rien changer aux volumes qui leur étaient confiés. Bien que les livres de jurisprudence, souvent historiés et enluminés, se fabriquassent plutôt à Bologne, comme il était naturel, l'industrie florentine trouvait son compte à mettre en vente quantité de livres de commerce qui étaient de couleurs variées et toujours de dimensions considérables ; et, par une réminiscence de l'antiquité, elle offrait encore aux acheteurs des tablettes de cire, sortes de carnets, d'agendas, qu'on pouvait mettre dans son escarcelle et porter sur soi. Il nous reste une de ces frêles tablettes qui contient des notes sur le voyage en Flandre du roi de France, Philippe le Bel.

Mais, en somme, Florence n'a pas beaucoup marqué dans l'industrie du livre et nous pouvons passer

à une autre profession libérale, celle des médecins. La médecine fut longtemps aux mains de l'Église. Il semblait que la guérison des maladies, envoyées par Dieu pour punir ou pour éprouver, réclamât l'interve^^tion de puissances supérieures à l'humanité. On s'adressait, avant tout, aux puissances du bien ; les saints, pareils aux spécialistes de nos jours, étaient renommés, qui pour les yeux, qui pour la gorge ou les oreilles, qui pour la paralysie des membres ; en des cas exceptionnels, ils avaient môme la vertu de ressusciter. On contait l'histoire d'un médecin qui, désespérant de sauver son malade, l'avait abandonné en le recommandant à saint Zenobio, et le malade avait recouvré la santé. Les remèdes employés étaient fréquemment Peau bénite et la salive ; l'ermite Gualberti avait rendu la vue à un aveugle en lui frottant les yeux avec une bouse de vache, et cette cure merveilleuse est retracée dans un tableau qui se voit encore sur les murs de l'abbaye de Vallombrosa. Mais, quand ces moyens ne réussissaient pas, on recourait aux puissances du mal : au diable, aux sorciers et sorcières, à des formules magiques qui étaient souveraines pour arrêter le sang et qui (étrange ténacité de la tradition !) se retrouvent aujourd'hui, chez des montagnards des Alpes, identiques à ce qu'elles étaient en ces temps reculés. Mais la médecine se laïcise à Florence dès la fin du douzième siècle, et déjà même on trouve à cette époque une femme-docteur. Déjà aussi Ton va volontiers aux eaux thermales et le séjour y est.

paraît-il, si agréable et si dangereux pour Taustérité qu'un abbé de Vallombrosa l'interdit à ses moines.

Les médecins d'alors, à Florence comme en France, se partagent la clientèle avec les barbiers-chirurgiens. Ces derniers — peut-être parce qu'ils pratiquent des opérations manuelles (c'est le sens originel du mot chirurgie) — sont moins considérés. Ils vont courant les rues et appelant les pratiques en faisant claquer de grands ciseaux qui sont leurs outils. Leur office consiste à tailler la barbe et les cheveux, à cautériser les plaies, à saigner et à masser les gens qu'ils accompagnent aux étuves. Ils portent sur la tête une résille, comme Figaro, et sur le dos les ventouses qu'ils posent aux patients. Ils sont, comme les dentistes, tenus en médiocre estime et relégués dans la corporation à un rang inférieur.

Les médecins sont, eux, de plus gros personnages. Pourtant dans VA rie divisé en trois sections, où ils voisinent avec les épiciers-droguistes et les merciers, ils ont peine à se maintenir sur pied d'égalité. Soit dans les conseils, soit dans l'élection des consuls, ils ont une part moindre que chacun des deux autres groupes. Mais on sent à certains traits qu'ils sont, sinon plus puissants, du moins plus considérés. Les statuts qui les concernent, et dont la rédaction que nous possédons date de 1310, leur imposent, non seulement des connaissances étendues, mais une tenue sévère et une certaine dignité de vie. Ils doivent avoir subi des examens et assisté à des discjssions médicales dans les écoles. Il leur est défendu de contracter

aucune association avec les speziali. vendeurs des drogues qu'ils ordonnent. Amende à qui profère une grossièreté contre un collègue. Défense de manger, boireetbavarderdanslestavernesetlesmauvais lieux. Des précautions sont prises en faveur des malades. Un article leur interdisait d'entreprendre la guérison d'un patient déjà soigné par un confrère ; l'article fut cassé comme dangereux pour le patient.

Il leur est prescrit, avant de déclarer un malade incurable, de faire appeler en consultation un chirurgien et, réciproquement, le chirurgien dans toute opération qui intéresse la tête et menace la vie doit se faire accompagner d'un médecin. Les médecins ne doiventpas, d'ailleurs, songer seulement à sauver le corps : ils ont l'obligation, quand le malade leur paraît en péril de mort, de lui dire : « Veillez au salut de votre âme. »

Les épidémies, qui furent si fréquentes au moyen âge, accroissent leur rôle social. On les voit prendre des airs de gentilshommes : ils portent des gants et une barrette de velours, vont par les rues à cheval, suivis d'un acolyte. Ils ont beaucoup à faire dans les hôpitaux qui sont nombreux ; ils suggèrent aussi aux autorités quelques mesures d'hygiène ; c'est évidemment sous leur inspiration que les lépreux sont séquestrés et que les maisons habitées et contaminées par eux sont brûlées. En temps de peste, ils font prendre contre la contagion des précautions souvent inutiles, mais qui trahissent un éveil des préoccupations sanitaires. La corporation a donc une

réelle importance et quelques-uns de ses praticiens jouissent déjà d'une certaine renommée.

Nous n'avons plus, après celle-là, qu'une seule corporation sur notre route : celle des juges et notaires. Elle marche en tête des Arts majeurs : cela seul témoigne du rang qu'elle occupe dans l'opinion. Elle est d'ailleurs nombreuse ; au commencement du quatorzième siècle, elle comprend 100 juges et 600 notaires et nous savons que les notaires de Florence étaient réputés comme les plus habiles de l'Italie : c'étaient du moins les Florentins qui le disaient.

h'Arîe a pour armoiries un homme en prière devant la ^'ierge portant dans ses bras l'enfant Jésus. Ses statuts ont été détruits, en 1557, par une inondation. Ils furent reconstitués en partie de souvenir; on ne peut donc accorder au texte une confiance absolue; il permet seulement de connaître dans ses grandes lignes l'organisation de la corporation.

Elle a un chef qui prend le titre de proconsul; le nom en est resté à l'une des rues de Florence. Ce proconsul doit être un homme vénérable par sa piété et sa réputation, de mœurs pures et d'une honnêteté éprouvée, fidèle et dévoué à la sainte Eglise romaine, né de légitime mariage, sain de corps et d'esprit, âgé de quarante ans passés, immatriculé depuis vingt années et avant été consul au moins une fois. Ses fonctions sont délicates et graves. Il peut juger seul et sans appel tous ceux qui appartiennent à la corporation ; il peut faire office de conciliateur dans toutes

les causes civiles. En public, il se montre vêtu d'un habit rouge ou violet; il va escorté de deux appariteurs [donzelli) et l'on a un tel souci de sa dignité qu'il lui est interdit de sortir seul par la ville. Outre ce personnage majestueux, VArle possède encore à sa tête deux consuls, un trésorier (camerlingo), des officiers chargés spécialement d'examiner ceux qui demandent à en faire partie et de sévir contre tout acte qui prétend faire échec aux autorités. Il a aussi sous sa surveillance l'hôpital de Saint-Paul.

h'Arte comprend tous les gens de loi. Il est divisé en deux membres ou sections, qui se séparèrent en 1287, qui se ressoudèrent plus tard.

Le premier membre est celui des juges (juristes, avocats, légistes) . Ceux-ci prennent le titre de messer, qui était donné aux nobles; ils forment ainsi ce que nous pourrions appeler une noblesse de robe. Ils ont droit à un costume spécial, à des habits d'écarlate bordés de fourrure. Ils se pavanent souvent à cheval ; mais on se moque parfois de leur superbe attirail. Sous la queue du cheval qu'ils montent, des plaisants glissent un chardon ; l'animal se cabre et désarçonne le cavalier de hasard qui veut singer le chevalier. Ces princes de la basoche doivent être docteurs en droit, de Bologne ou de Pise, et subir des examens. A leur entrée dans la corporation, ils paient 25 florins, à moins qu'ils ne soient fils ou neveux d'un homme en faisant déjà partie. Ils ont deux consuls qui leur sont spéciaux. On remarquera qu'ils détiennent une parcelle de l'autorité publique : ce sont des magistrats

à la fois impériaux et communaux ; ils forment donc ce qu'on nommerait de nos jours un syndicat de fonctionnaires. Ce sont, du reste, des personnages sujets à caution, parfois assez mal vus. Un dicton du temps est ainsi conçu : Doliis malus abesio et jurisconsultas (1). Les documents signalent des causes qui demeurent pendantes par-devant eux durant un an, deux ans, dix ans. En 1281, Ton dut faire une loi contre la corruption des juges.

Les notaires, qui composent le second membre de VArte, ont six consuls, parce qu'ils sont plus nombreux. Mais ils n'ont droit qu'au titre de Ser ; ils ne paient que 17 florins comme taxe d'entrée ; on n'exige pas d'eux le doctorat. Ils ont des manières et un esprit moins aristocratiques ; il arrive de les voir figurer dans le parti populaire. Ils ont des fonctions multiples: ils servent de greffiers près des tribunaux, près des Conseils de la Commune ; ils assistent les consuls de chaque corporation importante en qualité d'orateurs, de gardiens des statuts ; ils participent de plus à quantité d'affaires privées, testaments, contrats de mariage, de vente, de location, de donation, d'apprentissage, etc. Ce sont des personnages fort occupés, fort remuants, fort mêlés à la vie de l'Etat et des familles.

Avec eux nous terminons notre revue des vingt et une corporations officielles. Mais il est bon de

(1) « Arrière toute fraude et tout jurisconsulte ! »

rappeler qu'elles ne renfermaient pas toute la population laborieuse de la cité; qu'en dehors restaient des corporations non reconnues, les paysans et les artisans de la campagne, voire même dans la ville un petit nombre d'ouvriers à domicile et d'ouvriers étrangers.

Si l'on veut, après cela, jeter un regard d'ensemble sur les citoyens de cette république corporative que fut Florence, il faut les voir un de ces jours où la ville se donne une fête à elle-même, où elle suspend tout travail pour faire parade de sa force et de son opulence. En 1283, à l'occasion du passage d'un roi allié, il y eut deux mois entiers où les rues furent pleines de beaux cortèges, de jeux, de bals, de banquets, de trompettes, de mandolines, de rires et de cris d'allégresse. Des troupes de jeunes gens vêtus de blanc et de bleu couraient de-ci et delà, ayant à leur tête un Seigneur de l'amour; on eut dit le Roman de la rose mis en action. Mais où tout le peuple apparaît en liesse, c'est surtout lors de la Saint-Jean. Les habitants des environs, des étrangers venus souvent de fort loin sont accourus en foule et devant ses hôtes la ville entière se pique de se faire voir en beauté.

La veille du 24 juin, toutes les corporations font ce qu'on appelle la montre. Chacune, dans son quartier, expose ce qu'elle a de plus riche, de plus élégant, les chefs-d'œuvre qu'elle a créés. Calimala^ VA rie délia lana étalent leurs draps les plus fins, Por Santa Maria ses soieries les plus brillantes, les

lingers et lingères leur literie et leur linge de table les plus cossus, les fourreurs des peaux d'hermine, de martre, de loutre, les orfèvres des joyaux, des vases d'or et d'argent ciselés, etc. Dans les rues, pavoisées de drapeaux, de tapisseries, d'écussons, dans les places abritées par des vélums de soie, se déroule une longue procession où les prêtres en chasubles éclatantes, les reliques enfermées en des châsses étincelantes de pierreries, les confréries pieuses en cagoules multicolores, les prophètes de l'Ancien Testament, des saints, des anges défilent au son des cloches et des cantiques. Puis viennent deux à deux, portant des cierges de dix, vingt, cinquante, cent livres, ou des pièces de soie qui deviendront des nappes d'autel, les capitaines du « parti guelfe » avec les chevaliers du pays et tous les nobles venus du dehors ; les représentants des villes et communes protégées ou sujettes ; les maîtres et apprentis des diverses corporations avec leurs bannières et leurs insignes, avec leurs étendards militaires; les autorités de la Commune en costume d'apparat; des prisonniers ou des bannis, une mitre sur la tête, un rameau d'olivier à la main, destinés à être amnistiés eu l'honneur du saint patron. Le défilé se prolonge des heures et des heures : cela s'appelle l'offrande à saint Jean. Aux fenêtres, les dames, parées comme des reines, éblouissantes sous les perles, les rubans, les bijoux, regardent et font assaut de toilette et de grâce. Le soir venu, la chaleur tombée, dans les rues subitement évacuées et flamboyantes de lu-

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mière, se déchaine la course au pallio, morceau de brocard ou de soie frangé d'or offert par la Commune au vainqueur. Après les trois coups sonnés par la cloche du Palais Vieux, des chevaux s'élancent à bride abattue; les couleurs de ceux qui les montent disent à quel seigneur, à quelle famille chaque bete appartient. Le but touché, le cavalier vainqueur est acclamé, promené en triomphe sur un char à quatre roues, portant aux quatre coins le lion debout qui est Temblème de la République ; et la fête, qui dure depuis deux jours, mais dont les préparatifs ont coûté des semaines et des mois, s'achève sur cette apothéose.

Cette solennité annuelle, où une surexcitation joyeuse réunit tous les cœurs dans un même sentiment d'orgueil, où passe sur la ville comme un souffle chaud et caressant de fraternité, où l'exaltation mutuelle aboutit à une grande émotion collective, a le don de mettre une note rose dans la trame grise des jours, d'apaiser pour quelques heures les colères et les ressentiments, de réconcilier provisoirement les partis et les familles. Mais il ne faut pas s'y tromper. Ce n'est qu'une halte heureuse entre deux agitations. Grâce à la constitution économique et politique de Florence, l'équilibre y est instable. La bourgeoisie, qui vient d'être victorieuse et qui domine, est menacée en haut par les débris de la féodalité, en bas par les ouvriers et par ceux des artisans auxquels la classe dirigeante refuse leur part de soleil et de droits civiques. Le régime des corporations, tel qu'il s'est

établi, n'est pas un âge d'or, une ère de justice, d'égalité, de bonheur universel. La République saurat-elle le corriger, l'élargir, y faire leur place à tous les citoyens ? C'est la question angoissante qui se pose à la fin du treizième siècle et qui va remplir et troubler dans la période suivante toute l'histoire de Florence.

Consulter :

Gherardi, Slahili délia Uniuersilà e Sliidio Fiorcnlino del anno 1387 iPiiblicazioni délia Depulazione di sloria p dria, vol. VII).

Arch. stor. ital., V, 14. Une note intitulée : Maesiri digrammatica toscani.

GoRRADi (Alfonso), Annali délie épidémie occorse in Ilalia dalle prime memorie fino alV anno 1850 (Bologna, 1802).

Davidsohn (Robert), Geschichle von Florenz (I, pp. 775 et suiv.).

FiLiPPi (Giovanni), Varie dei giiidici e notai di Firenze ed il suo slalalo delV anno 1566 (dans le Giornale ligiislico di archeologia, anno XV, 1888, Genova).

GuASTi (Cesare), Le fesle di San Giovanni Batisla in Firenze (Firenze, 1884, in-8).

GiANNiNi, Una curiosa raccolla di segreli e di praliche supersliliose [alla da un popolano fiorenlino del secolo XIV (Città di Castello, 1898).

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