‹ Histoire du travail et des travailleursChapitre 72 sur 100 · GRANDE PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

GRANDE PROPRIÉTÉ

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TRAVAILLEURS DE LA TERRE AU XIXe SIÈCLE 409

de leur travail. Mais tous les paysans un peu intelligents de la jeune génération sont capables de diriger seuls leurs exploitations, de faire convenablement leurs affaires, de tenir leurs comptes; et ils ne sont pas du tout ennemis du progrès. Les fermiers généraux n'ont donc plus aujourd'hui de rôle nécessaire1.

Petits propriétaires et fermiers cultivateurs. Bien plus naturelle est la situation du petit propriétaire et du fermier cultivant eux-mêmes. En 1892, il y avait en France 3,387,000 propriétaires-cultivateurs 2. Trop souvent le petit propriétaire n'a pas assez de terre pour vivre, alors il se fait journalier; parfois même il entre dans l'industrie, comme dans le Nord, il se fait mineur, comme à Commentry, tout en cultivant son lopin de terre à temps perdu. Trop souvent aussi sa propriété est dévorée par l'impôt3 et les droits de mutation : « C'est le tonneau des Danaïdes, un vase que le paysan remplit à la sueur de son front, et que le fisc vide quand il est plein*. » Trop souvent, elle est morcelée par les partages successoraux, enchaînée à la routine par le manque de crédit, écrasée par la concurrence de la grande propriété et par l'hypothèque, qui pèse sur la propriété rurale du poids accablant de ses 15 milliards de capital et de ses 500 millions d'intérêts. Le vigneron est à la merci du phylloxéra, le cultivateur de blé à la merci de la grêle. Ce sont alors des luttes homériques contre la gêne ou la misère.

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