Ch. Gide, Rapport cité
noir où il n'y a rien, rien que la pente affolante des longs jours sans pain... cependant que des chevaux fourbus mangent sans inquiétude l'avoine de la retraite.
Et cet homme est plus heureux, il est vrai, que les ouvriers d'autrefois. Ils ont été si misérables, les travailleurs de 1830, que les tisseurs de Lyon, dont quelques-uns gagnaient 18 sous par jour, pour 18 heures de travail, désespérés de ne pouvoir « vivre en travaillant », voulaient « mourir en combattant ».
Le minimum de salaire.
Mais aujourd'hui, les ouvriers ne cherchent ni à mourir ni à combattre les armes à la main. Ils veulent vivre. Ils ont à leur portée des armes légales (syndicat, grève, bulletin de vote, coopérative), et ils s'en servent. Gomme les salaires baissent depuis une vingtaine d'années, comme le nombre des femmes employées dans l'industrie augmente sans cesse, et comme l'armée du chômage s'accroît tous les jours, ils réclament un minimum de salaire, ainsi qu'il existe en France pour les travaux publics (depuis 1899), en Australie et en Nouvelle-Zélande dans certains métiers, à la satisfaction générale des ouvriers et des industriels1.
1. Consulter A. Métin, le Socialisme sans doctrines : Australie et Nouvelle-Zélande.