‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 1 sur 333 · MESSIDOR · texte numérisé non relu

MESSIDOR

(troisièhb décade)

Robespierre aux Jacobins le 21 messidor.

Le massacre judiciaire des principaux détenus du Luxembourg, commencé à la fin de la deuxième décade de messidor, s'était achevé au commencement de la troisième. Au milieu de ces sanglantes journées, Robespierre trouva une occasion de s'associer ouvertement à Tœuvre du tribunal et de déclarer qu'après cela rien ne serait fini encore.

Le 18 messidor, trois révolutionnaires lyonnais, poursuivis pour abus de pouvoir, avaient été acquittés Le 21, l'un d'eux, Benoist Pignon, ancien commis des représentants du peuple, vint à la séance des

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Jacobins; il prit texte de son acquittement pour accuser les aristocrates, c*est-à-dire ceux qui avaient voulu réprimer ses excès, et pour exalter le tribunal contre lequel s'élevaient aussi les calomnies des ennemis publics : un tribunal dont les juges, a inflexibles envers le crime, sont les amis zélés, de l'innocence et du patriotisme » où c tout juré est le défenseur officieux de tout homme de bien*, etc. >

Après la réponse du président Barère, toute à la gloire de rinnocence vengée de ses calomniateurs, Robespierre, montant à la tribune, reprit l'affaire des conspirations qui était la question du moment, afin de montrer qu'elles s'étendaieht jusque parmi les patriotes, pour les diviser et ruiner le gouvernement révolutionnaire. Élevant la terreur à la hauteur de la loi morale de la Révolution :

De tous les décrets, dit-il, qui ont sauvé la République, le plus sublime, le seul qui Tait arraché à la corruption et qui ait affranchi les peuples de la tyrannie, est celui qui met la probité et la vertu à Tordre du jour. Mais les hommes qui n'ont que le masque de la vertu mettent les plus grandes entraves à l'exécution des lois de la vertu même.

Tous les scélérats ont abusé de la loi qui a sauvé la liberté et le peuple français. Ils ont feint d'ignorer que c'était la justice suprême que la Convention avait mise à Tordre du jour, c'est-à-dire le devoir de confondre les hypocrites, de soulager les malheureux et les opprimés, et de combattre les tyrans.

Qu'on ne lui parle donc pas de la vertu de Roland, de la probité de Necker. C'est sous ce masque trompeur qu'on a persécuté les patriotes, emprisonné quelques ivrognes et laissé les contre-révolutionnaires en liberté.

i. Moniteur du 25 raossidur (15 juillet 17Ui).

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