‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 106 sur 333 · Mémoires de Senart, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Senart, p

S. < Les sieur et dame Filleul, concierge du château de la Ifuetle, perdirent en 1780, lors de la réfomie du gouTcrncment de celte maison royale, l'etereice de leur place, dont les appointements et avantages produisoient un revenu de douze k quinxe mille livres. Li dame Filleul obtint d&s bontés du roi le 17 jull* iet 1787 une pension de retraite de six mille livres pour son mart réversible en totalité sur elle, en' considération de l'état de maladie et d'incapacité où il étoit depuis plusieurs années, étant paralysé, et la dame Filleul exerçant seule la place. Cette pension de six mille livres, foible dédommagement de tout ce qu'elle perdoit et surtout de la promesse de leurs majestés d'accorder la survivance de celte place & son Uls, âgé de neuf ans, fit exempter cette pension de la réduction qu'elles éprouvèrent toutes en août ^787. & (Archives, Vf 431, 967, pièce 97 ; cf. la pétition qu'elle adresse à TAssemblée nationale le 16 noyembre 1789 pour prévenir la réduction de sa pension, t6ù/., pièce 76).

était artiste; elle avait fait, de IT^l à 1785, les portraits de plusieurs des membres de la famille royale, et avait oblenu à ce titre une pension de 600 livres sur la cassette^; enlln, après la réforme du château, au moment où Filleul dut le quitter, le roi lui avait donné, avec les meubles qui garnissaient son appartement, un hôtel situé rue de l'Église, à Passy; et c'était là que la veuve Filleul résidait depuis la mort de son mari.

La nation étant devenue propriétaire de la Muette, on n'aurait pas été fâché d'y rattacher toutes ses anciennes dépendances, et, dès le mois d'août 1791, Mme Filleul avait dû faire une déclaration de propriété aux experts chargés de faire l'estimation du château ^ En 1791, on n'avait pas été au delà : le titre était chez le notaire; mais en Tan II (1793-1794) on poussait plus loin les revendications, et il y avait plus d'un moyen de faire

1. < La citoyenne Filleul, quoiqu*atlacliée au feu roy en qualité de concierge de son château de la Huellc, étant peu fortunée, a cultivé Tari de la peinture. Elle eut l'honneur de peindre plusieurs lois la famille royale dans les années 1781 à 1783, et ces portraits furent envoyés dans les différentes cours de TEurope. N'en ayant point reçu de salaire, elle so/icita à la place une pension sur la casetlc et elle en obtint une de six «ents livres dont elle a joui jusqu'au 1*' juillet 1792, dernier quartier qui lui fut payé. Elle représente aux citoyens législateurs et ministres que la perte de cette pension lui ai d'autant plus petnible qu'elle est le fruit de son travail et le prix de ses ouvrages qui dans ce moment peuvent seuls réparer les perles de tout genre que lui fait éprouver la dévolution. » (Arc^hivcs, W431, 067, pièce 41.)

. 2. « Je soussignée, Anne-Rosalie-Bucquet, veuve Filleul, concierge du château de la Muette, déclare aux experts chargés de Tesliniation dudit châlenu et de ses dépendances, que la maison appelée liôtcl Travers, située rue de 1 Église au coin de celle Bois-le-Vent â Passy, n'est plus au nombre des dépendances dudit château, ayant été donnée en toute propriété â feu M. Filleul mon mari et à moi, par brevet du roi, du 10 juillet 1787, dont je joins ici copie, en récompense de mes services dans la maison de sa majesté, et qu'en vertu de cette donation j'y ai fait faire des constructions, augmentations et embellissements,

< Déclare en outre que ladite maison n'a jamais fait partie du cliâteau ni été incorporée au domaine du roi, l'acquisition n'en ayant été faite que privativeroent et des fonds assignés aux dépenses de la conciergerie à laquelle elle avoit été affectée, en foi de quoi, etc.

22 août 1791.

(Ài'chtves, W 431, 067, pièce 51 — original.)

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