‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 107 sur 333 · AFFAIRE DE LA MUETTE (6 THERMIDOR · texte numérisé non relu

AFFAIRE DE LA MUETTE (6 THERMIDOR

renti'er en entier dans le domaine du fisc, même ce qui a'en était jamais sorti. Des meubles provenant de la Muette avaient été vendus dans Passy. On prélendit que c'était par suile de détournements. Mme Filleul fut arrêtée et interrogée par Blache, agent du comité de sûreté générale, devant les membres de la municipalité et du comilé de surveillance de la Commune (2 messidor). Elle soutint que les meubles qu'elle avait pu vendre étaient de ceux qui meublaient son appartement et lui avaient été donnés par ordre du baron de Breteuil adressé à Thierry, sous-intendant de la Couronne, ordre accompli sous la responsabilité et la surveillance de Longrois, garde- meuble. Pareille largesse avait été faite à ceux qui résidaient à la Muetle à divers titres, et qui en avaient dû sortir aussi, lors de la réforme du* château ^ Mais ces explications ne furent pas accueillies, et Mme Filleul (Anne-Rosalie BocguET/fut renvoyée devant le tribunal révolutionnaire, avec sa mère, la veuve fiocQUET (Marie -Rosalie Hallee), âgée de 72 ans, et Mme Chalgrin (Marie-Félicité VERNEr), fille du peinlrc Joseph Vernet, femme de l'architecte Chalgrin, son amie, qui demeurait chez elle; Pierre Longrois, ex-gardemeuble, âgé de 84 ans; sa femme, Marie-Ânne-Thérèse Letellier et sa fille Marie-Thérèse Longrois; le nouveau concierge Louis-Marie Hollande et André-François Cué- RON, adjudicataire d'une partie des bâtiments de la Muelte\ L'accusateur public disait :

Qu'examen fait des pièces... il en résulte qu'immédiate-

I. ArchiTes, W 451, dossier 067, pièce 67; cf., upe autre déclaralion dans rempièle, pièces 60-64.

S. Sar Cbéron, i(nd., pièce 52; cf., pièces 70 el 71.

niB. rAtol. ▼ 10

ment après le 10 août 1792, Longi*ois, Hollande et la femme Filleul enlevèrent de concert du château de la Muette une très grande quantité de meubles, effets, batterie de cuisine qu'ils firent transporter dans leur domicile.

Quant à la femme Filleul, elle a mis toute sorte de moyens en œuvre pour priver la nation de cette maison dépendante du domaine national, etc.

On a encore trouvé chez elle une très grande quantité de batterie de cuisine en cuivre, dont les marques ont été enlevées, mais qu'elle a été forcée de reconnoitre comme appartement au garde-meuble.

A l'égard de Hollande, de Chéron et de la femme Chalgrin, continuait-ilf ils sont bien constamment les complices de Longrois et de la femme Filleul. Ils ont concouru avec eux au vol fait au garde-meuble de la Muette. Hollande étoit concierge. On Ta vu aider la femme et la fille Longrois à emballer les effets du garde-meuble. La femme Chalgrin étoit l'intime amie de la Filleul ; elle logcoit avec elle. On a trouvé dans son appartement cinquante livres de bougies lors de la perquisition qui fut faite chez la Filleul, et que celle-ci déclara lui avoir données. Toutes ces circonstances démontrent évidemment qu'Hollande, la femme Chalgrin, et les filles Longrois avoient pris part au vol du garde-meuble, et qu'ils s'étoient partagés entre eux le fruit de cette spoliation c^iminelle^

. C'était là une question de fait qui réclamait des lé* moignages ; le procès- verbal d'audience le constate, ils furent jugés et condamnés sans témoins*.

Dans celte même fournée, on avait mis un ancien prêtre, Philippe Ducontent et deux vieux nobles, Jean- Ânselme Daubarède, âgé de 72 ans, et Antoine- Joseph DuBLAizEr., de 78, pour délits contre^révolutionnaires, ainsi définis :

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