LA MAISON DES OISEAUX
... N'avoir jamais eu d'état que pour sa subsistance, c'ctoit aujourd'hui un homme, demain l'autre ^
Nouvelle preuve que le royalisme s*alliait aux mauvaises mœurs. On l'eût moins facilement prouvé, sans doute, avec les autres femmes comprises dans cette fournée. Aussi s*abstint-on de produire contre elle des pièces au dossier. A leur égard, on se contentait de la conspiration des prisons.
On les avait tirées, avec leurs compagnons d'infortune, de maisons qui n'avaient rien fourni encore à cette conspiration fameuse : Port-libre (Port-Royal), et la maison des Oiseaux (rue de Sèvres) .
L'ancien couvent des Oiseaux était la prison particulière de la section du Bonnet-Rouge (Croix-Rouge). On payait cher pour y rester. Aussi la section qui en tirait proGt ne se laissait-elle pas volontiers enlever ses pensionnaires. On n'ébruitait pas trop leurs noms. Être détenu aux Oiseaux comme suspect, c'était, ainsi que le dit fort justement M. Michelct ', une sorte d'assurance contre la guillotine, et les témoignages du temps le prouvent.
ex Depuis plus de six mois, dit Tauteur de notre récit, sur cent soixante malheureux qui y étaient enfermés, deux seuls prisonniers avaient été tirés de la maison pour être immolés, lorsque, le 7 thermidor (25 juillet, vieux style), à cinq heures du soir, tandis que chacun était dans sa chambre ou paisiblement rassemblé dans celles de ses compagnons d'infortune, on entendit un bruit confus de voix dans la rue, qui annonçait quelque