‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 119 sur 333 · Ihid,, t. n, p · texte numérisé non relu

Ihid,, t. n, p

LÀ PRmCESSE DE GHIMAY, SÂmT-SlMON, CRUSSOL D'ÀMBOISË. iGl

après-dîners des idées noires dont j'élois sans cesse assiégé. En allant me promener à la campagne, je passois un jour à Issy près Paris. La curiosité me porta à entrer dans le parc de la ci-devant princesse de Chimay» dont la position est des plus agréables. Le lendemain, à la chambre du conseil, causant avec quelques juges, je leur dis que j'avois été voir le parc de la ci-devant princesse de Chimay. L'un d'eux me dit: «Mais n'cst-elle pas émigrée? » Sur la réponse que je fis que non, qu'elle éloit simplement détenue aux Oiseaux : — c Aux Oiseaux! s'écria Fouquier, qui étoit dans un coin de la chambre du conseil et que je n'avois pas aperçu d'abord, c il y « a trois mois que je la cherche. » Et, en effet, quelques jours après, cette femme fut mise en jugement et condamnée, car elle éloit riche et noble ^ »

Nous avons nommé parmi les détenus des Oiseaux, l'évêque d'Agde et Crussol d'Amboise.

Saint-Simon, évéque d'Agde, membre de l'Académie des Inscriptions, avait vécu tout à ses livres et à son ministère. Forcé par la sédition de quitter son diocèse, en juin 1791, il était venu à Paris où il ne fréquentait que la savante compagnie dont il était auparavant le correspondant le plus assidu ; mais l'Académie avait été dissoute, et lui-même, jelé en prison, venait finir au tribunal. Quant à Crussol d'Amboise, que lui reprochait-on? d'avoir accompli sou mandat à l'Assemblée constituante, et d'avoir repris du service à l'armée :

Crussol d'Amboise, cx-marquis, ex-lieutenant général des armées de Capet , ex-député de la noblesse à l'Assemblée

Page 1