‹ Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris avec le Journal de ses actesChapitre 141 sur 333 · Jules CUretie, Camille Demnoulint, p · texte numérisé non relu

Jules CUretie, Camille Demnoulint, p

2. c Tout ce qui brilloit outour de lui, soit parmi les orateurs soit parmi les gens de lettres ou les artistes, révoltoit sa médiocrité. Aussi détestoit-il tous ses eollègues dont le talent égaloit ou surpsssoit le sien... Petit et vain, lâche et féroce, audacieux lorsqu'il étoit soutenu, timide dans le danger ; orateur médiocre et diffus, politique sans vue; hypocrite, adroit, parlant sans cesse do peuple et se mettant sans cesse à sa place, ne connoissant d'autre dieu que son orgueil, il parloit depuis quelque temps de la divinité comme s'il l'eût le premier révélée, s (L. Doperron, Vie tecrète^ politique et curieuse de M. J. Maximi" lien Hobeepierre, suivie de plusieurs anecdotes sur cette conspiration sans pareille, p. 31. Paris, an U, in-12«)

c L'envie fut sa passion dominante, dit Merlin de Thionville. C'est par l'envie qu'il immola ses ennemis. Il se déchaîna sur les morts dont on rappeloit encore les noms, dont on lisoit les écrits ; il proscrivit la mémoire de ceux dont il avoit proscrit la tête. Il étouffoit au récit de nos victoires qui prenoit trop de temps dans les assemblées et trop de place dans les gazettes.... Jamais hjdrophobie n'égala son horreur pour tout ce qui s'attirait l'attention. » (P. 5-6.)

3. Barère, Merlin de Thionville, Meillan {Mémoireê^ p. 5), Dussault, dont le principal passage est reproduit dans la Vie secrète, politique et curieuse de Max, Robespierre, par L. Duperron. On le retrauve dans presque tous les journaux après le 9 thermidor, Voy . Bûchez et Roux, Hist. parlent, jU XXXIY, p. 04. — Fréron, fon condisciple au collège Louis-le~Grand, retrouve en lui, dès le collège, au physique et au moral, les traits qui s'accusèrent plus tard avec plus de dureté {Papiers inédits, etc., t. I, p. 154),

189 GHAP. L. ^ PRÊLUONAIRES DU 9 THERMIDOR.

figure; et les essais n'ont pa6 manqué S Par le rôle qu'il a joué dans les drames dont le dernier acte s'est passé au tribunal révolutionnaire, le lecteur a déjà pu se (aire une idée de son yrai naturel. Il nous suffira de marquer en peu de mots par quelles étapes il s'y était acheminé aussi pour y finir de la même sorte.

Nul assurément n'aurait pu deviner en lui, au début, l'homme qui devait faire de la guillotine son principal instrument de combat.

 l'Assemblée constituante il demanda l'abolition de la peine de mort* ; et un inventeur ayant proposé un système de canon qui devait, disait-il, tirer vingt-cinq coups à la minute, il le repoussa comme trop meurtrier'. — Ne se mit-il pas en contradiction avec son système lorsqu'il vota la mort de Louis XYI? Non, nous dit-on, car la peine est la suite d'un jugement. Or, il était d'avis qu'on devait non pas juger Louis XYI, mais le tuer\ Il ne se contredisait pas davantage, trempant ses mains dans les massacres de septembre !

S'il aspira de bonne heure au premier rang, il fut mis à une longue épreuve : car pendant toute la durée do l'Assemblée nationale, il s'était trouvé bien effacé : tant d'orateurs, tant d'hommes d'Etat occupaient alors

1. On connaît radmirtlion de HM. L. Blanc et Ernest Hnmel pour Robespierre. M. Louis Blanc l'appelle c ce grand homme de bien » ; N. Hamel lui a consacré une histoire de plusieurs volumes. H. Michelet au contraire n'a que de Tantipathie k son égard. Pour le mieux haïr, il voudrait évidemment qu'il eût été prêtre. Il remarque au moins qu*il est né dans c une ville de prêtres • (Arras!) l\ aime à répéter qu*il a été juge d'église (t. VU, p. 364), et il finit par en parler comme si vraiment il eût été prâtre : < Tout grand homme politique doit craindre d'être touché de près. Mais combien plus Robespierre, un prêtre, une idole, un papel » [Ibid,, p. 145.) — Décidément il a été prêtre : c S'il n*eût été prêtre, il eût été homme de lettres. » (/frï(/., p. 143.) < Il y eut un prêtre en Robespierre comme un tyran dans Saint-Just. » (/6û/., p. 280.)

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