Caen, 18 mars
Je ne tous félicileres point sur le choix qui a été fait de tous pour porter le ▼œu de Totre section. Je crains que cela ne tous compromette. Prenes bien attention que celui qui se tient tranquille fait bien. Je tous prie doni, mon bon
se réalisèrent d'une autre manière. Il était allé voir un de ses amis, détenu pour émigration à Tabbaye (deSaint- Ouen). On lui demanda s'il le connaissait, et sur sa réponse aftirmalivey on l'arrêta et on saisit ses papiers. Son frère, qui rapporte ces détails dans une lettre, dit qu'il s'attend au même sort, mais qu'il ne craint rien pour lui ; qu'il est irréprochable * !
Il fut arrêté aussi en effet, et très peu de temps après : on a son interrogatoire daté du 50 mars, chaque réponse signée de lui*.
Les deux frères furent transférés à la Conciergerie à la date du 21 messidor; Jean-François Lentaigne Tannonce ce jour même à la citoyenne LefueP et Joseph à son amie, la citoyenne Agasse, par une lettre pleine d'espérance :
Je suis arrivé, ma bonne amie, en bonne santé à la Conciergerie, lieu de notre destination. Notre voyage a été aussi heureux que possible et j'espère que notre retour sera de même. ma bonne amie, quel moment où nous pourrions nous retrouver et nous assurer de notre amitié mutuelle ! Adieu, le temps me presse. Je t'embrasse de tout mon cœur et suis pour la vie ton sincère ami Joseph*.
Pour la vie! C'était pour quatre jours I
ami, d'être du nombre ; autremenl vous me donneriez de l'inquiétude. Les temps sont trop critiques pour se mêler de rien.
Je TOUS embrasse mille fois de tout mon cœur et je suis pour toujours votre vrnie amie.
ÂDfÉI.
Au citoyen Joseph Lentaigne, chez le citoyen Laindet, rue Bouvreuil n* 56, à Rouen. (Archives, W 414, dossier 949, 2* partie, pièce 60.)