Ibid,, pièce
YANHOF ET LEGUAIN; BENÂNT, LES FRÈRES LENTÂIGNE. 25
roi de la dernière création, accusés : le premier, de propos; le second, de correspondance avec les contrerévolutionnaires.
Les deux frères méritaient bien eux-mêmes cette qualité : et cela datait de loin.
Le 17 octobre 1791, Joseph Lentaigne écrivait, de Caen, à Jean-François :
Les clubistes sont presque f... ici.
P. S. Tu me marqueras le prix des bâtons, plusieurs jeunes gens ayant envie d'en avoir i.
On en devine Tusage.
Joseph Lentaigne avait été arrêté à Rouen. Il s'y était rendu pour accomplir une mission de ses concitoyens, et une femme qu'il aimait, saisie d'un triste pressenliment, lui en témoignait ses inquiétudes*. Ces craintes
i. Voici sa lettre :
Caen, ce 17 octobre 1701.
J'anroii cm sur tt promesse n'a? oir point besoin de l'écrire pour te prier de m*enToyer un juge de paix ou un bflton jeaune ayant une forte masse au bout. Cela se Tend au Palais-Royal.
S'il y a quelques nouf elles à Paris, lu deTrois bien m'en faire part. Les clubistes sont presque f... ici. Us vouloienl désarmer la noblesse et les prétendus ari«tocralo^, et voyanl le parti pris par les honnêtes gens de deffendre celle infamie, ils ont été obligés d'en rester là et de présenter une pétition à la municipalité qui l'a rcjetée. Les rues étoient remplies de citoyens honnêtes jusqu'à pr^ de quatre heures de nuit, et il y auroit eu du rude, s'ils aToient (ail la moindre démarche. Tout le monde étoil prêt pour fondre sur ces gueux-lè. Ils ne sont pour ainsi dire plus au c\ud depuis trois ou quatre jours. Ils n'étoieot pas cent.
Tu Tois que le nombre est bien diminué et Ta encore plus diminuer, les Tolontaires étant partis de ce malin pour les frontières. Adieu.
JOS. LlICTA16!fE,
Sous-secrétaire an bureau des conciliations.
Est-ce pour les concilier qu'il demandait en posl-scriptum un a juge de paix », c'est-i-dire un bâton à forte tête :
P. S. — Tu me marqueras le prix des bâtons, etc. {lifid., 2* partie, pièce 20.)