Mon général
Vu le n|N>rt qui vient de m'ôlre fait, je crois que vous feriez bien de monter à cheval et de vous montrer dans Paris.
Votre attaché aide de camp,
!.. (iaor (?)
Au citoyen Hanriot, commandant g"* à Paris.
(F 7 4436, L R n* 35, comm. 12, n» xi.v, 58.)
232 CIIAP. LI. — Lk RÉVOLUTION DU 9 THERMIDOR.
tous ceux qui ne seraient pas sous sa main ^ A quatre heures, un de ces gendarmes, Blanchetot, vint dire à son chef qu'Hanriot :
L'ayant aperçu, courut sur lui, le pistolet à la main, et le lui appuya sur la poitrine, en le poussant et en lui disant: ce F... gueux, cours bien vite au palais et va-t'en dire à ton coquin de commandant qu*il se rende sur-le-champ au palais, et qu'il y assemble promptement toute sa troupe'. »
Le commandant Dumesnil s*empresse d'exécuter Tordre; mais à peine sa troupe est-elle réunie (cinq heures) qu'un agent d'Hanriot arrive avec douze canonniers pour l'arrêter lui-même. Dumesnil ne peut qu'ordonner à sa troupe de rester sous les armes et il se rend, pour éviter tout conflit^ sous l'escorte de douze canonniers, à la maison de discipline, rue du Bouloi^
A peine était-il parti qu'un ordre arrivait d'Hermau, lui enjoignant d'arrêter Hanriol et plusieurs de son état-major, selon le décret de la Convention. C'est le lieutenant Degesne qui, à sa place, ouvre le paquet. 11 se rend à Télat-major siégeant à l'hôtel de ville, avec trente gendarmes. Mais là, personne. On le renvoie au conseil général de la Commune, et le maire, pour toute réponse, fait décider qu'il sera désarmé et arrêté :
Elevant alors le décret au-dessus de ma tête, dit le lieutenant, je dis d'une voix ferme : « Je vous avertis que c'est un décret de la Convention nationale, dont je suis porteur. » On
1. Coiirtuii, Happorli ii" xxxr, pièce 2 (rapport de Dumesnil, commandant U gendarmerie nationale près les tribunaux, 12 thermidor).
2. Le lieutenant de service Dcge»ne, en contre«ig[nant cet avis, y ajoute: P. À*. Les grands mouvements que ce jjénéral paroit vouloir exciter dans ces moments délicats, me font un devoir d'un rendre compte au comité. [Courtois, Rap' partf n" xxtiii.)
ô. Courtois, Happort, n« xxi, pièce 2 (rapport de Dumesnil).
ARRESTATION D'IIANRIOT. 255
me hua de toutes parts, en criant : « Résistance à l'oppression! B en déclamant contre la Con?ention. On m'arracha le décret de la main et la lettre du citoyen Herman, que Payan et Fleuriot chiffonnèrent avec colère. A Finstant le garde qui était là s'empara de i&oi avec zèle, me désarma et m'entraîna hors de la salle, tandis que les municipaux, de dessus leurs bancs, me poursuivoient par les cris de vil esclave.
Pendant ce temps-là, Hanriot, suivi d'une escorte de gendarmes, courait toujours les rues, sabre à la main, vociférant, appelant le peuple aux armes : divers rapports le signalent dans le faubourg Suint-Ànloine et dans le quartier du Luxembourg ^ Il n'était pas bon de le rencontrer alors. Merlin de Thionville qui se trouva sur son chemin, près du palais Égalité, fut arrêté et jeté au poste*.
Mais un antre député, Robin (de rAubc)% qui dînait avec Courtois, chez un restaurateur de la rue Saint-Honoré, fut plus habile. Le voyant passer ainsi, il cria aux gendarmes: Arrètez-le^ il est décrété (T arrestation; et six de son escorte rarrêtcrent. On le mena au Comité de sûrelé générale*: Amar qui s'y trouvait s'enfuit à toutes jambes. Robin pénétra avec son prisonnier jusqu'au Comité de salut public, et là, fiillaud-Yarennes etBarère montrèrent moins de peur qu'Amar, mais pas beaucoup plus de décision : « Que veux-tu que nous en fassions? dit Billaud. — Punir ces traîtres. — Mais enfin, dit Barère,